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Eramet / Tronox
Marche arrière pour Eramet
Depuis le début du mois, l’accord concernant l’opération de vente de l’usine pyrométallurgique norvégienne Tizir, détenue par la multinationale française Eramet, au géant de la chimie américain Tronox semblait compromis.
Les complications sont apparues le 4 janvier, lorsque l’Autorité de la concurrence et des marchés du Royaume Uni (CMA) a annoncé son intention de soumettre le projet d’acquisition à une enquête de Phase 2, "à moins qu’une offre de mesures correctives satisfaisantes ne soit faite de la part de Tronox", selon un communiqué du groupe minier français. La CMA estimait que si Tronox, deuxième plus grand producteur au monde de dioxyde de titane, détenait cette usine, il ne resterait plus que le groupe minier anglo-australien Rio Tinto comme concurrent sur le marché. Tizir est en effet une des seules usines européennes à même de produire du dioxyde de titane.
À la suite de cet avertissement de la CMA, des mesures importantes ont été proposées par le groupe de chimie américain pour répondre aux exigences de l'organe de régulation du Royaume Uni. Mais ces propositions ont été jugées insuffisantes, si bien que le projet a malgré tout été soumis à une enquête de phase 2 ; solution qui n'était souhaitée par aucun des deux groupes. "La transaction profiterait aux clients, aux consommateurs, aux actionnaires et aux deux entreprises et je regrette que la CMA n'ait pas reconnu sa valeur pour la concurrence", déplore Christel Bories, P.-D.G. d'Eramet.
Face aux objections de l’organe de régulation, Tronox vient de signifier à Eramet la résiliation unilatérale de l’accord d’achat de l’usine norvégienne, interrompant ainsi le processus de vente. Jean-François Turgeon, codirecteur général du producteur de dioxyde de titane, a déclaré avant cela : "Nous sommes déçus du rejet de notre proposition de remède et nous sommes respectueusement en désaccord avec le point de vue adopté par l'AMC". Cette résiliation leur coûte 18 millions de dollars, montant de l’indemnité de rupture.
L’accord interrompu avait été conclu le 14 mai dernier et portait sur la cession intégrale par le groupe Eramet de l’usine norvégienne de Tizir TTI (Tizir Titanium & Iron AS). Cette usine permet de produire du dioxyde de titane destiné à l'industrie des pigments avec une capacité annuelle de 230 000 tonnes, et de fabriquer de la fonte de haute pureté à partir des sables minéralisés avec une capacité annuelle de 100 000 tonnes. Situé à Tyssedal, au sud-ouest de Bergen, ce site était idéalement situé pour permettre au groupe américain de fournir en matière première ses installations européennes de fabrication de pigments. Cette acquisition s'inscrivait dans sa stratégie d’intégration verticale afin de produire lui-même les matières premières dont il a besoin dans le cadre de ses activités. Le prix de cession s’élevait à 300 millions de dollars, ce qui correspondait à huit fois son excédent brut d’exploitation (EBITDA). Le groupe de chimie a annoncé, à la suite de cet échec, que même s’il doit abandonner ce projet, il n'abandonnerait pas sa stratégie.
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