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Eramet creuse en Bourse

Lorsque l'aventurier et chercheur d'or Jules Garnier a découvert le nickel il y a longtemps de cela, il ne se doutait peut-être pas avoir mis la main sur l'un des métaux star de la voiture du XXIe siècle. C'est pourquoi le warning d'Eramet ce matin est un non-événement.

C'est en 1880 que naît la SLN, la Société Le Nickel, après que l'ingénieur, géologue, chimiste, industriel, historien, ethnologue et aventurier français Jules Garnier a fait la découverte de minerai de nickel en Nouvelle Calédonie. Après quelques changements de noms et prises de participation, le groupe devient Eramet, un siècle et douze années plus tard.

Pour le leader mondial des métaux d'alliages et de la métallurgie haut de gamme, coté en Bourse depuis 2014, qui a su redresser sa rentabilité depuis trois ans, tout en diminuant fortement sa dette, les choses se gâtent très légèrement ce matin. Compte tenu de l'environnement de prix défavorable des métaux, Eramet révise à la baisse l'Ebitda de l'année en cours. Auparavant le groupe minier s'attendait à ce que l'Ebitda prévisionnel du second semestre soit nettement supérieur à celui du premier semestre - à 307 millions d'euros -, conduisant cependant à un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements inférieur à celui de 2018. Bref, malgré les bonnes performances de production, Eramet a déçu les investisseurs ce matin.

Pour autant, il ne faudrait pas trop s'inquiéter, car comme tous les géants miniers, Eramet a un bel avenir. Le groupe, dirigé par Christel Bories, peut en effet compter sur l'essor des véhicules électriques, gourmands en nickel. Mais également sur la croissance de la production mondiale d'acier carbone qui nécessite du manganèse, un métal qui possède une résistance élevée contre la corrosion, est amagnétique, et s'utilise notamment pour les barreaux et portes de prison. Selon les analystes, le prix de ces matières premières devrait se renchérir très fortement sur les cinq ans à venir.

C'est d'ailleurs pour cette raison que le leader mondial du secteur, BHP, annonçait au mois de mai ne plus vendre ses actifs dans le nickel à l'ouest de l'Australie, après avoir pourtant tenté de vendre ces sites à plusieurs reprises. En effet, le directeur général Andrew Mackenzie estimait lors d'une conférence de presse que le virage vers la technologie des voitures électriques se fera encore plus vite que prévu, et il entend bien positionner son groupe. Le déploiement d'environ 140 millions de véhicules d'ici à 2030 va nécessiter 3 millions de tonnes de cuivre en plus chaque année, 1,3 million de tonnes de nickel et quelque 263.000 tonnes de cobalt. C'est ce que détaillait Ivan Glasenberg, directeur général de Glencore au mois de mai également, au moment où le Groupe relevait ses prévisions par rapport à l'an passé.

C'est pour ces raisons que le warning d'Eramet ce matin est un non-événement. Le groupe a trébuché sur des éléments conjoncturels, mais profitera bientôt des retombées de ce nouveau métal star capable de faire voyager les consommateurs plus longtemps sans qu'ils aient besoin de s'arrêter pour faire le plein d'énergie.

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