Macro-économie / Taux / Nouvelle-Calédonie / nickel / décarbonation
Macro-économie / Taux
Nouvelle-Calédonie / nickel / décarbonation
Le nickel calédonien au secours de l’autonomie stratégique de l’Europe / Un déficit de compétitivité important reste à combler
" L’activité métallurgique n’est pas rentable, en Nouvelle-Calédonie, sur la période des 12 dernières années, et a dépendu de flux de capitaux publics comme privés pour assurer la continuation des opérations ". L’Inspection générale des finances (IGF) sonne l’alarme dans un rapport récent qui s’attarde notamment sur la compétitivité de la fabrication de nickel métallique à partir du minerai.
Certes le Vieux continent aura de plus en plus besoin de cette matière première précieuse mais pour l’heure alors qu’en France "quatre projets de gigafactories pourraient totaliser jusqu’à 120 GWh de capacité de production de batterie, soit des besoins en nickel de classe I de l’ordre de 90 kt de nickel contenu par an" et que "l’UE a vu se multiplier les projets de gigafactories, souvent financées par des fonds publics". Il n’en reste pas moins que l’ensemble de ces pays ne "dispose [que] de capacités limitées de production des produits intermédiaires de la chaîne de valeur ".
Revenir sur le devant de la scène
Actuellement les "usines européennes produisant des produits de première transformation sont peu nombreuses (132 kt de capacité)", selon l’IGF. Ce qui conduit à ce que "l’UE dispose de capacités de production couvrant de l’ordre de 25 % de ses besoins en produits intermédiaires et 10 % de ses besoins en sulfate de nickel". Le potentiel du Caillou pour subvenir aux besoins de la métropole est certes important, et pourrait "théoriquement représenter à terme jusqu’à 77 kt, soit 85 % des besoins des gigafactories françaises en 2030 ou 14 % des besoins UE en 2035".
Deux écueils majeurs sont cependant mis en avant ; d’une part il faudrait que l’intégralité de la production soit exclusivement à destination de l’Europe et d’investir pour adapter les moyens de production locaux. La prégnance de l’Indonésie et de la Chine sur le sujet est jugée difficile à contrer même avec des activités des acteurs français qui s’internationalisent.
Le rapport appelle que " les activités d’Eramet en Indonésie, c’est-à-dire son partenariat avec le chinois Tsingshan à Weda Bay et le projet Sonic Bay mené avec BASF ne sont pas des sources certaines de sécurisation des approvisionnements européens en nickel". En raison notamment d’une holding où le partenaire chinois est majoritaire sur son partenaire français.
Lourds enjeux
Une situation d’ensemble qui fait dire à l’IGF qu’il "paraît nécessaire de réviser le cadre juridique du contrôle des exportations de minerai brut en Nouvelle-Calédonie, afin d’atteindre un point d’équilibre entre incitations à développer l’activité métallurgique sur le territoire et nécessité de rétablir sa profitabilité ". Le but à poursuivre est clairement affiché, il s’agit de "consolider le modèle économique des trois opérateurs en leur permettant de valoriser les minerais non exploitables sur le territoire […] et en optimisant leur propre production ", d’assurer "une égalité de traitement entre les trois métallurgistes, chacun étant autorisé à exporter en proportion de son niveau d’activité sur le territoire" et enfin de prévenir de " la possibilité d’une "cannibalisation" de la production métallurgique par les exportations".
La reconstruction du cadre des exportations est donc affiché comme une priorité, comme l’est également un meilleur alignement des intérêts des actionnaires publics entre eux et avec les actionnaires privés. Plusieurs pistes sont proposées à ce sujet allant d’une réduction de la part des pouvoirs publics à une rationalisation de l’organisation de ce dernier. C’est à ce prix que la filière pourra non seulement être pérenne économiquement mais également être un atout majeur pour le Vieux continent.
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