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Macro-économie / Taux / décarbonation / France / Rexecode

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France : la décarbonation de l’économie va coûter bonbon

En vue d’atteindre les objectifs liés à la neutralité carbone au cours des prochaines années, l’économie française va devoir enclencher des dépenses d’investissement supplémentaires de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, d’après une étude de Rexecode conduite pour le Medef.
Borne de recharge électrique - Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Borne de recharge électrique - Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les émissions carbones de la France ne font que baisser depuis des années, mais à un rythme hélas bien trop insuffisant pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 fixé par l’Accord de Paris sur le climat – c’est la condition nécessaire à la limitation du réchauffement climatique à +1,5°C en 2100, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). En effet, en 2030, si la tendance se poursuit, les émissions brutes de la France évolueront bien au-delà du niveau qu’il faudrait atteindre pour parvenir à la neutralité carbone dans 28 ans, d’après une étude de Rexecode menée pour le compte du Medef. En 2030, le surplus d’émissions brutes serait compris entre 12 % et 18 %, selon les calculs de l’institut d’études économiques - la France émettrait entre 349 et 365 millions de tonnes de CO₂ alors qu'elle ne devrait émettre "que" 310 millions de tonnes.

Aussi, des investissements conséquents dans la décarbonation de l’économie vont devoir être mis sur pied "rapidement" pour enrayer cette dynamique en plus de ceux déjà amorcés (France 2030 et le plan France Relance notamment)."Les ‘dépenses d’investissements supplémentaires’ devraient être en 2030, comprises entre 2,1 % du PIB (hypothèse basse) et 2,9 % du PIB (hypothèse haute), soit entre 58 et 80 milliards d’euros", avancent Michel Didier, Gilles Koleda et Raphaël Trotignon, auteurs du rapport, qui prévoient que l'effort atteindrait un sommet à 100 milliards (en euros constants) en 2040, avant "une stabilisation progressive grâce aux économies induites par les investissements antérieurs". Pour rappel, actuellement, l’investissement total en France est d’environ 600 milliards d’euros (dont 350 pour les entreprises, 150 pour les ménages, 100 pour le secteur public).

Dans le détail, les entreprises et les administrations devraient mettre au pot à hauteur de 43 milliards d’euros par an. Cette somme est vouée à être allouée, entre autres, à lutter contre l’obsolescence accélérée du capital productif, mettre en place de nouveaux processus de production, renouveler le parc automobile ou encore adapter les bâtiments. Pour que soit financée cette transition, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, s'est dit en faveur d'une baisse de 35 milliards d'euros des impôts de production. "Cela correspond à 70 % des investissements de décarbonation que les entreprises doivent faire : soit on prend sur les marges avec des conséquences sur l’emploi et la pérennité de l’activité, soit on baisse les impôts facteurs de charges pour trouver des ressources supplémentaires", a-t-il plaidé, à l'occasion de la sortie du rapport.

Du côté des ménages, cela coûterait 37 milliards d’euros au travers notamment de dépenses liées à l’isolation, au chauffage et au changement de véhicules.

"En début de période, un peu plus de la moitié de l’effort relèverait des ménages […], et un peu moins des entreprises et l’administration. La répartition s’inverserait avant 2030, près des deux tiers revenant alors aux entreprises", estime le rapport.

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