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Rexecode / 2021 / Compétitivité
La France face au défi d'une compétitivité en berne
"Il faut que ce soit une mobilisation générale sur cette reconquête industrielle", plaidait Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, en ce début d'année. Le dernier bilan de la compétitivité française dressé par Rexecode lui donne raison.
Il y est martelé que les pertes de parts de marché à l'export sont liées de près à la "désindustrialisation relative de la France par rapport à la moyenne européenne". Les experts de Rexecode plaident donc d'une part pour une amélioration significative de la compétitivité hors prix de l'Hexagone, ce qui doit passer par une amélioration significative des "formations initiales et professionnelles", d'autre part pour la construction d'un "tissu industriel innovant" sur le sol français.
Pour parvenir à la réindustrialisation de la France, il est notamment question de créer des fonds d'investissement à capital garanti afin de stimuler l'investissement et d'aider à l'orientation de l'épargne privée vers "l'investissement productif". Ce 15e bilan annuel dressé par Rexecode établit en effet que le constat que l'Hexagone pâtit de difficultés à exporter des biens et ce pour "la quasi-totalité des catégories de produits manufacturier". Un constat qui perdure d'années en années puisque la part des exportations tricolores dans le total des exportations de biens et services de la zone euro ne cesse de diminuer, passant de 14,5 % il y a trois ans à 13,6 % l'an passé.
Pour remédier à cela, les recettes qui avaient permis dans les années 2010 d’améliorer la compétitivité coût de la France sont à nouveau mises sur la table : lutter contre la désindustrialisation et baisser les impôts de production couplée à une hausse du temps de travail. Cette proposition contraste avec une politique publique qui depuis le début du quinquennat s'est surtout attachée à développer l'attractivité du pays au travers d'un droit du travail plus attractif et une fiscalité du capital qui souffre moins de la comparaison avec le reste des membres de la zone euro.
Ce qui ne souffre également d'aucune comparaison c'est le "niveau record de 85 milliards d'euros" du déficit commercial français, en très nette hausse comparé à la période d'avant la pandémie : il est de 27 milliards d'euros supérieurs aux chiffres précédent. Le solde déficitaire a quant à lui gagné près d'un point de PIB en deux ans, la crise sanitaire ayant exacerbé les difficultés de l'économie française. Un des défis du prochain occupant de l'Élysée sera d'arriver à redresser la compétitivité de la France à l'international et ce dans sa dimension coût et hors prix.
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