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Brexit : la City a perdu de son attrait
Les places financières de Paris, Francfort ou Amsterdam ont eu beau se mener une compétition importante pour attirer les banques et fonds d'investissement post Brexit, aucune n'a vraiment bénéficié d'un réel transfert d'intérêt, selon une enquête dévoilée par Kroll vendredi. Selon cette étude menée par le leader mondial des services et solutions digitales auprès de 250 décideurs financiers, seuls 1,7 % des sondés ont estimé que Paris était la première place financière au monde, 0,5 % pour la ville de Francfort, contre encore 31 % pour la City. Londres a tout de même perdu de son attrait puisque 53 % des décideurs la considéraient comme la principale place financière au monde il y a trois ans seulement. Sans grande surprise, c'est New York que les sondés ont le plus largement cité à la première place dans le monde, à hauteur de 60 %, soit une progression de 4 % par rapport à l'an dernier.
Le sondage souligne en revanche un phénomène significatif : la montée en puissance des places asiatiques. Ainsi, 18 % des sondés ont estimé que la Chine deviendrait l'épicentre de la finance dans les cinq prochaines années. Une réflexion qui n'a rien d'étonnant alors que les marchés chinois ont inscrit l'an dernier un record historique en termes de capitalisation, à hauteur de 11 350 milliards de dollars, et alors que les places de Shanghai et Shenzhen s'ouvrent de plus en plus aux investisseurs étrangers. Ces derniers ont ainsi acheté des actions chinoises tous les mois depuis avril 2020, selon les données de l'Institute of International Finance, dont plus de 16 milliards de dollars en décembre. "L'Empire du Milieu bénéficie notamment d'une classe moyenne en pleine expansion et d'une économie qui s'est rapidement remise de la pandémie", expliquent également les auteurs du rapport. Il reste que 29 % des sondés ont déclaré que le risque réglementaire pour leurs entreprises avait progressé du fait des différends commerciaux entre les États-Unis et l'administration de Xi Jinping. Ce qui est susceptible de favoriser l'Inde, considérée comme le principal hub financier des années à venir par 16 % des sondés.
Autre constat de l'enquête : le poids financier de la conformité pour les entreprises du secteur financier. Plus d'un tiers des répondants prévoient ainsi que le coût total de la mise en conformité de leur société sera supérieur à 5 % de leurs revenus annuels. Seuls 2 % s'attendent à ce que leurs dépenses en conformité soient inférieures à 1 % cette année. Un coût qui peut à la fois s'expliquer par les conséquences de la pandémie et les risques afférents (cyberattaques, fraudes…), mais également par la forte implication des entreprises financières en matière environnementale, sociale et de gouvernance. À cet égard, 45 % des répondants ont déclaré avoir déjà mis en place une politique ESG complète et des procédures de conformité correspondantes.
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