Politique économique / Compétitivité / EY / industrie
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Compétitivité / EY / industrie
La France leader européen pour les investissements internationaux dans l'industrie
Alors que se tiendra lundi prochain le sommet Choose France, destiné à faire la promotion du site français auprès des patrons étrangers, les résultats du baromètre EY sur l'attractivité de notre pays sont très encourageants. Selon cette étude, notre pays a conservé fin 2018 sa première place européenne pour les sites de production d'entreprises à capitaux étrangers (IDE), et ce malgré un environnement économique dégradé en Europe et à l'international, mais surtout malgré une compétitivité coût supérieure à certains de nos voisins du Vieux Continent. C'est donc la France qui a le plus attiré de projets industriels de la part d'investisseurs étrangers en 2018, 339 programmes d'implantations ou d'extension ayant été recensés (soit une hausse de 5% par rapport à 2017), contre 152 seulement outre-Rhin en recul de 7% et 140 en Grande-Bretagne. Le nombre de projets a dégringolé de 35% au Royaume-Uni, conséquence évidente du chaos politique et économique lié au Brexit. Ainsi, interrogés dans le cadre du Baromètre EY de l’Attractivité du Royaume-Uni 2019, 15 % des dirigeants étrangers ont indiqué avoir suspendu leurs opérations d’investissement en raison des inconnues post-Brexit. Même si pour le moment, aucun site industriel d’envergure n’a quitté le Royaume-Uni pour s’implanter autre part dans le monde. Autre bonne nouvelle de cette enquête pour la France, le fait que le pays n'a cessé de creuser son écart par rapport aux autres États, puisque les IDE industriels ont progressé de 47% depuis 2014, contre une hausse de 7% seulement en Allemagne sur la même période.
Si le déficit commercial de la France reste encore élevé (59,9 milliards d’euros en 2018 après 62,3 milliards en 2017), certaines filières industrielles françaises ont su faire de l’international un véritable pilier de leur développement : c'est notamment le cas de la construction aéronautique et spatiale, du naval et de la pharmacie, trois grands moteurs du commerce extérieur entre 2017 et 2018. Ils ont respectivement affiché des soldes excédentaires de 3,4 milliards, 1,3 milliard et 1,2 milliard d'euros.
Comment expliquer l'attrait des investisseurs étrangers pour la France ? La richesse industrielle de ses territoires tout d'abord (seuls 3% des nouveaux projets d’investissements industriels ont d'ailleurs pris la direction de l’Ile-de-France en 2018), mais aussi la qualité de son équipement logistique (maillage routier, plateformes multimodales…) et une énergie abondante, qualitative et moins chère que chez certains de ses voisins. Par ailleurs, la France s'est efforcée de renforcer sa stratégie de reconquête industrielle ces dernières années, avec l'instauration du Conseil National de l’Industrie et de ses 18 filières industrielles. Cette politique a notamment contribué à l'accélération de 4.000 PME par BPI, à l'investissement dans le numérique, mais aussi à soutenir l'industrie française à l’international sous la bannière "French Fab".
Enfin, autre force de l'Hexagone, savoir connecter le tissu académique et scientifique, dans les technologies connues comme dans celles d'avenir, qui feront la différence entre les économies développées d'ici quelques années. Signe que cet ADN scientifique est de plus en plus reconnu, la France a ainsi accueilli en 2018 144 projets dans les activités de recherche et de développement… soit plus que le Royaume-Uni et l’Allemagne réunis.
Tout ceci a aidé la France à redresser son image (et sa situation économique) depuis 2016 : "la réduction des charges sociales, la réforme du droit du travail et la trajectoire à la baisse de notre fiscalité ont donné des signes favorables aux investisseurs", expliquent ainsi les auteurs de l'étude. Certes, tout n’est pas fait, loin s’en faut, tant l’équation de l’attractivité dépend de variables politiques et d’acceptation sociale complexes à combiner. Ainsi, pour maintenir sa position concurrentielle dans l’économie mondiale, 37% des dirigeants interrogés estiment que la France doit prioritairement mettre l’accent sur l’éducation et la formation… Par ailleurs, entre 1/4 et 1/3 des dirigeants attendent des efforts redoublés dans le cœur de cible de l’industrie en France : le soutien aux PME (36%), la diminution des coûts de main-d’œuvre (32%), le soutien aux industries de haute technologie et dans l’innovation (32%) … et la diminution de la pression fiscale (26%).
Mais les investisseurs nous le réaffirment : en 2018, leur perception de l’industrie française restait favorable et 70% des dirigeants étrangers interrogés dans le cadre du baromètre se sont déclarés optimistes quant aux perspectives du pays. Clairement, en dépit de l’image qu’elle renvoie, écornée par les difficultés d’entreprises parfois emblématiques et, bien que la part de l’industrie dans le PIB tricolore soit inférieure à celle de l’Allemagne notamment (10%, contre 21% pour l’Allemagne), l’industrie reste un chef de file méconnu de l’attractivité de la France.
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