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Schneider / transition énergétique / décarbonation / climat
Schneider de plus en plus optimiste
Trimestre après trimestre, Schneider Electric confirme qu’il a fait les bons choix. Le mastodonte français des équipements électriques et des automatismes industriels a publié au titre de l’exercice 2021 des comptes record – qui dépassent largement ceux de 2019 – et compte faire encore mieux en 2022.
A titre d’exemple, Schneider a atteint avec un an d’avance son objectif de 17% de marge opérationnelle en affichant un niveau jamais atteint de 17,3%, fruit d’une progression impressionnante de 140 points de base. C’est la première fois que le résultat opérationnel du groupe atteint 5 milliards d’euros. Le bénéfice net est à l’avenant et s’affiche lui aussi à un montant record, de 3,2 milliards : il bondit de 51% par rapport à 2020 et même de… 33% par rapport à 2019, dernière année non affectée par la pandémie.
Le groupe a profité de sa position sur les tendances lourdes de l’économie (numérisation et électrification). "Les fondamentaux sont la digitalisation et l’électrification, qui est le seul moyen de décarboner. Les clients nous demandent de les accompagner dans ces transitions. Nos marchés de base croîtront deux fois plus vite dans les cinq ans qui viennent qu’ils n’ont crû depuis cinq ans", a insisté Jean-Pascal Tricoire, le PDG de Schneider, à l’occasion d’une rencontre avec quelques journalistes hier soir. Le numérique représente 40% du chiffre d’affaires du groupe, tandis que le nombre d’actifs connectés pour le compte de ses clients a flambé de 50%, pour atteindre 6,2 millions.
Les marchés finaux que sert Schneider connaissent à la fois une forte croissance et des besoins gigantesques : le bâtiment (résidentiel, bureaux, autres sites), les centres de données (très consommateurs d’énergie), les infrastructures (les réseaux de distribution électrique en particulier) et les industries, qui doivent réussir à la fois la numérisation et la décarbonation de leurs procédés. Ces deux derniers marchés représentent environ la moitié de ses revenus.
Porté par la reprise économique et les besoins fondamentaux des clients, le chiffre d’affaires de Schneider a en conséquence affiché une croissance insolente à périmètre et change constants – de 12,7% par rapport à 2020 et de 7% par rapport à 2019. Il a atteint 28,9 milliards d’euros. Leader mondial, le groupe a pu user de son pricing power, qui a eu un effet positif de 2,5% sur son chiffre d’affaires.
Les logiciels, segment sur lequel le groupe a misé gros ces dernières années en ayant réalisé trois acquisitions importantes, ont confirmé leur rôle de relais de croissance : destinés à améliorer le fonctionnement des entreprises, par exemple en unifiant le cycle de vie de leurs installations ou pour faciliter le choix des énergies renouvelables dans le cadre de Power Purchase Agreements, ils représentent désormais 10% des revenus du groupe.
Signe d’une entreprise à la fois génératrice de croissance et gérée au cordeau, Schneider a dégagé en 2021 un flux de trésorerie opérationnel (ou autofinancement d’exploitation) historique de 4,47 milliards d’euros, pour un flux de trésorerie disponible de 2,8 milliards. "Nous avons constitué suffisamment de stock de matières premières pour répondre à la forte demande qui est en face de nous", a indiqué Jean-Pascal Tricoire pour expliquer cet écart, qui constitue la seule surprise négative des comptes 2021 (la variation du BFR a atteint -1,11 milliard d’euros, alors que les analystes attendaient en moyenne un flux de trésorerie disponible autour de 3 milliards).
Confiant, donc, dans sa stratégie, Schneider, qui a communiqué fin novembre ses objectifs financiers pour 2024 et à long terme, compte faire cette année encore mieux qu’en 2021. Il prévoit une croissance interne de 7 à 9% de son chiffre d’affaires, un résultat opérationnel en hausse de 9 à 13% (toujours hors exceptionnels) et une marge opérationnelle située entre 17,6 à 17,9%. Les analystes s’attendaient à ce que les prévisions marquent une évolution positive, mais pas autant.
Schneider a achevé d’emporter le suffrage des actionnaires en proposant au titre de l’année 2021 une augmentation de 12% du dividende, à 2,90 euros par action. "C’est la douzième année de hausse consécutive", fait remarquer Jean-Pascal Tricoire. Les investisseurs ont apprécié l’ensemble : le titre s’est adjugé jusqu’à 2,65% en matinée et restait dans le vert en milieu d’après-midi, autour de 147 euros.
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