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Edenred

Edenred affirme son optimisme

Le créateur du Ticket Restaurant a l'intention cette année de poursuivre son expansion, étant donné son appartenance à un secteur porté par les mutations du monde du travail. Les investisseurs trouvent pourtant ses ambitions trop modestes.
Edenred - paiement mobile - carte
Edenred - paiement mobile - carte

Mauvais début d'année pour Edenred : le spécialiste des titres-restaurants et autres chèques cadeau vient de perdre le contrat des titres-restaurants du groupe Carrefour au bénéfice de son jeune concurrent Swile, une fintech française. Près d’un mois plus tard, le 16 février, Swile annonçait son expansion au Brésil - pays où Edenred est le plus implanté - par l’acquisition de la société brésilienne Vee Beneficios. "Lors de la perte d’un contrat, le plus important est d’en gagner d’autres", a relativisé Bertrand Dumazy, P.-D.G. de Edenred.

Si le groupe a perdu une bataille, il estime ne pas avoir perdu la guerre. Le fournisseur de services de transactions pour les salariés souhaite en 2021 poursuivre ses acquisitions grâce à sa capacité financière, qui s’élève à plus d’un milliard d’euros. Bertrand Dumazy a indiqué que le groupe serait fidèle à sa politique de consolidation des parts de marché dans les zones géographiques où il est déjà présent. En témoigne l'achat de la société brésilienne Cooper Card en mai 2020, portant ainsi à un quart la part de son chiffre d’affaires dans ce pays en pleine croissance et premier marché des avantages employés dans le monde.

Un pays fait exception : les États-Unis. Ils requièrent en effet une stratégie d'expansion différente car, paradoxe de la première économie mondiale, "le secteur des paiements est beaucoup moins sophistiqué qu’il ne l’est en Europe" a souligné Bertrand Dumazy en s’adressant aux journalistes hier matin. Preuve en est : 50 % des paiements se font encore par voix de chèques ou espèces aux États-Unis, ce qui est une "aberration", considère le dirigeant. Si bien que le groupe procède par croissance organique : parmi ses investissements en 2020, une partie concernait le développement d’infrastructures de paiements Outre-Atlantique. Le confinement n’a fait que renforcer le besoin des entreprises d’opérer un revirement vers le paiement dématérialisé de leurs salariés.

 

Un climat porteur

 

Le groupe prévoit une croissance de son Ebitda d’au moins 6 % cette année, - contre le repli de 13,2 % en données publiées de l’année 2020 - compte tenu de sa bonne dynamique dès le second semestre de 2020 où Edenred a renoué avec la croissance. "Nous avons rapidement retrouvé une croissance profitable et durable" affirme Bertrand Dumazy. Au cours de l'année écoulée, son activité a généré 1,47 milliard d’euros, une performance en baisse de 2 % à taux de change et périmètre constants, baisse beaucoup plus marquée lorsque l’on tient compte de l’effet de change qui fait chuter le chiffre d’affaires en données publiées de 9,9 %, du fait des pertes de valeurs des devises des pays émergents, en particulier celle du Brésil.

Si Edenred est confiant dans l’avenir, c’est aussi grâce au contexte porteur pour le secteur : la tendance au télétravail et à la dématérialisation augmente le besoin de recourir à ses services. Dès l'année 2020, le groupe a su remporter deux contrats de cantines dématérialisées, avec Orange en France et Siemens en Belgique. Ses outils digitalisés ont globalement connu un coût d'accélération : 86 % de ses solutions sont désormais digitalisées soit une hausse de 9 points au cours de la seule année 2020, et les transactions sur mobile ont augmenté de 32 % en un an. Si bien que "le meilleur est à venir pour Edenred" estime Bertrand Dumazy.

Si les résultats 2020, somme toute solides, ont été salués pour leur solidité, le marché semble avoir été déçu de la modestie des prévisions : à titre d'exemple, le consensus des analystes anticipait une hausse de 13 % de l'Ebitda pour 2021. L'action Edenred a terminé en baisse de 4,4 % hier, à 45,30 euros.

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