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Evenements / cartel / Natixis / Sodexo / up / Edenred / entente

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Le Cartel des tickets restaurants passe à la caisse

Depuis des mois, Natixis semble obéir à la loi de Murphy tant les malheurs s'accumulent. La filiale du Groupe BPCE compte maintenant parmi les accusés pour échanges d'informations et verrouillage du marché juteux des tickets restaurants. 
Endenred - ticket restaurant - facture - restauration - paiement
Endenred - ticket restaurant - facture - restauration - paiement

Tout ce qui est susceptible d’aller mal, ira mal. Voilà un adage qui prend sens si l’on regarde l’actualité ancienne et récente de Natixis, qui accumule les couacs depuis des mois. À la fin du mois de novembre, Bloomberg publiait une dépêche au sujet d'un trader mis au placard, le quotidien insinuant qu'il l'a été pour avoir causé de lourdes pertes à la filiale de BPCE. Au mois de juin, le Financial Times révélait l'ampleur de la détention d'obligations non liquides d'H2O Asset Management, un fonds détenu pour un peu plus de la moitié par Natixis. La Banque était aussi sur les bancs de la Commission des sanctions de l'AMF cet été, après que deux de ses filiales avaient été convoquées pour une affaire particulièrement technique, qui leur a valu une sanction de 3 millions d'euros. Enfin, il y a un an exactement le groupe bancaire avait subi un revers sur les activités de dérivés actions en Asie qui lui avait coûté au final près de 260 millions d'euros. 

Voilà maintenant que ce matin, Natixis, aux côtés d'Edenred, Sodexo et Up, est accusée par l'Autorité de la concurrence nationale de s'être entendus pour barrer la route aux nouveaux entrants sur ce marché évalué à six milliards d'euros pour quatre millions de salariés bénéficiaires et 200.000 commerçant agréés. Et à l'Autorité de dévoiler la troisième plus importante sanction de son histoire à l'encontre de ses émetteurs historiques, soit 415 millions d'euros -  dont 157 millions pour Edenred, 126 millions pour Sodexo, 83 millions pour Natixis Intertitres et 45 millions pour Up.

Dans le détail, les quatre acteurs ont échangé - via la Centrale de règlement des titres (CRT) - des informations commerciales confidentielles sur leur part de marché respective ; d'autre part entre 2002 et 2018 ils auraient noué une entente pour contrôler l'accès à la CRT, verrouillant le marché et portant bien sûr atteinte à la concurrence. Ils s'interdisaient également respectivement de développer les titres dématérialisés, freinant de fait l'innovation technologique. Ce qui explique notre retard par rapport à d'autres pays. 

Il y a presque vingt ans, trois de ces acteurs, à l'époque du nom d'Accor, Chèques-Déjeuner et Sodexho, avaient écopé d'une amende de 8,5 millions de francs, nouant malgré tout sept mois après une nouvelle entente, provoquant une autre condamnation. C'est pourquoi aujourd'hui, la récidive a été lourdement sanctionnée. Sodexo, Edenred, Natixis et Up ont d’ores et déjà annoncé leur intention d’interjeter appel devant la cour d’appel de Paris.  

Ce n'est pas tout ! L'Autorité a également annoncé hier avoir sanctionné six groupes à hauteur de 58 millions d'euros, dont 16 millions pour le groupe Charles Faraud, 14 millions pour Andros, 13,6 millions pour Materne et 9,5 millions pour Délis (groupe Lactalis) : le cartel des compotes... Eux aussi auraient mis en place une entente pour réduire la concurrence tout en échangeant des informations lors des appels d'offre. L’entente a été révélée par un de ses membres, le néerlandais Coroos, qui venait de pénétrer le marché français, dans le cadre de la procédure de clémence, échappant ainsi à tout amende.

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