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Edenred / Publication des résultats / coronavirus
Edenred affine ses objectifs et séduit le marché
Edenred avait bien résisté pendant le dur de la crise liée à la pandémie et annonçait anticiper un retour de la croissance organique mensuelle au second semestre. Dès le troisième trimestre, c’est chose faite. En effet, le chiffre d’affaires opérationnel du groupe est en hausse de 0,9 % en données comparables et le revenu total de 0,5 % pour s’établir à 357 millions d’euros. Ces chiffres permettent au créateur des tickets restaurant présent dans 46 pays d’atteindre un revenu total de 1 053 millions d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, soit une diminution de seulement 3 % en données comparables sur un an, en dépit de la crise sanitaire. Surtout, ils justifient un resserrement des objectifs pour l’année 2020 explicitement annoncé par le directeur général finances Patrick Bataillard : "compte tenu de l’ensemble de ces éléments et malgré l’incertitude, nous resserrons l’objectif d’Ebitda dans une fourchette comprise entre 550 et 600 millions d’euros et un niveau d’endettement en dessous de 2,8 fois l’Ebitda". Lors des résultats semestriels, Edenred misait sur un Ebitda compris entre 540 et 610 millions d’euros. L'objectif d'atteindre 100 millions d'euros d'économie sera, par ailleurs, bien atteint. Ce qui plaît aux investisseurs, le cours de l'action grimpe de 3,2% ce matin.
Dans le détail, Patrick Bataillard explique que le groupe "a profité du contexte de sortie progressive du confinement, surtout en Europe, avec un effet de rattrapage tant sur le rythme des dépenses des salariés que la hausse du trafic routier". Ainsi, le progressif retour à l’activité des salariés en chômage partiel et la réouverture des commerces et restaurants a soutenu le segment "avantages aux salariés", plus de 60 % du chiffre d’affaires, qui passe d’une baisse de 20,6 % au T2 à une baisse de 1,4 %. Dans le même temps, les solutions de mobilités professionnelles croissent de 1,5 % grâce au retour du trafic routier. Enfin, les solutions complémentaires accélèrent au T3 de 17,5 %, après une première bonne performance au T2 en hausse de 9,5 %, grâce au télétravail qui favorise le recours aux plateformes des salariés et les fonds spécifiques alloués pendant la crise. Au niveau géographique, l’Europe, qui représente 62 % du chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de l'année, a bien tiré le groupe, grâce à une croissance organique de 7,3 % au troisième trimestre (après une baisse de 13,1 %), portée par la France (environ 15 % de l’activité globale du groupe) - laquelle retrouve une hausse des ventes de 9,5 % après avoir subi une baisse de 31,3 % au deuxième trimestre. L’Amérique latine, qui représente 29 % des activités d’Edenred sur les neufs premiers mois de l'année, est restée en territoire négatif avec une baisse de 7,6 % en T3, mais témoigne d’un réel rebond par rapport à la baisse de 20,4 % au deuxième trimestre.
Des perspectives qui s’annoncent digitales
Le groupe, qui n’a pas eu recours à un PGE, présente une situation financière solide. L’objectif d’endettement de 2,8 fois l’Ebitda " est assez prudent, mais je ne désespère pas que l’on soit en dessous de ce niveau " précise Patrick Bataillard qui, interrogé par WanSquare, précise que "l’endettement brut du groupe n’augmente pas et le niveau de cash est assez bon, ce qui s’explique par le fait que nos utilisateurs mettent plus de temps à utiliser nos solutions et débouche sur cette situation paradoxalement bonne" (en France, seulement la moitié de la réserve des montants de tickets-restaurants accumulée durant le confinement aurait été utilisée jusqu’à présent). Edenred a d’ailleurs finalisé en septembre l’acquisition du portefeuille de clients "avantages aux salariés" dédiés à l’alimentation de Cooper Card au Brésil (170 000 utilisateurs actifs) uniquement grâce à son cash.
"Après l’amélioration enregistrée au troisième trimestre, Edenred observe néanmoins que les incertitudes liées à la crise sanitaire se sont renforcées en Europe", tempère toutefois le groupe dans un communiqué. Au-delà de cette donnée, qu’il ne peut pas maîtriser, c’est dans la digitalisation que le groupe voit son avenir. Le taux de digitalisation a ainsi gagné 9 % en Europe par rapport au troisième trimestre 2019. Et le directeur financier de défendre "le thème d’une cantine 2.0", par exemple, face aux risques de pertes d’activité pour le spécialiste des services et paiements avec cette digitalisation.
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