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Eramet, Christel Bories, Société Le Nickel, SLN, manganèse

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Eramet : Christel Bories est-elle vraiment sur la sellette ?

La famille Duval, premier actionnaire du groupe minier, reprocherait à la dirigeante des nombreuses difficultés auxquelles ce dernier est confronté.
Christel Bories
Christel Bories

Trois ans et 10 mois après sa nomination au poste de PDG d'Eramet, Christel Bories est menacée. Selon plusieurs sources anonymes citées par L'Agefi hier, la famille Duval, premier actionnaire du groupe minier avec 36% du capital et près de 45% de ses droits de vote, souhaiterait le départ de la dirigeante. Elle aurait pour cela écrit à l'Agence des participations de l'Etat (APE), détentrice d'environ 25% du capital et 30% des droits de vote, pour l'appuyer dans sa démarche étant donné que le pacte d'actionnaires qui les lie les oblige à se concerter - au moins dans un premier temps.

Les Duval reprocheraient à Christel Bories la manière dont elle a présidé au destin des filiales Société Le Nickel (SLN) et Aubert & Duval, toutes deux en grandes difficultés, ainsi que la forte dégradation de l'assise financière du groupe pendant son mandat : notamment une dette qui a monté en flèche (de 376 millions à 1,33 milliard d'euros fin 2020) et des capitaux propres qui ont été divisé par deux (pour tomber à 997 millions).

Le redressement des comptes du groupe minier au second semestre 2020 et le redressement espéré en 2021, salués en fanfare par la Bourse, n'auront pas suffit. Il est vrai qu'Eramet a accumulé les déboires ces dernières années. Mais en raison de facteurs dont il n'a pas toujours la maitrise. Il a subi la volatilité des prix du manganèse et du ferronickel et le blocage par l'autorité de la concurrence britannique de la vente de l'usine norvégienne de sa filiale TiZir (à un prix très favorable). La SLN a en outre été une victime collatérale du conflit entre les indépendantistes kanaks, les autorités locales et le groupe brésilien Vale, qui veut vendre son usine locale de nickel au suisse Trafigura. Quant à la société Aubert & Duval, qui fabrique des alliages métallurgiques, elle a été plombée par l'effondrement du secteur aéronautique provoqué par la pandémie, laquelle a également causé la suspension du projet de lithium en Argentine, important pour la diversification d'Eramet.

Contacté, Eramet ne fait aucun commentaire. Si l'information était avérée, il suffirait à la famille Duval de ne pas renouveler le mandat de Christel Bories, qui arrive à échéance lors de la prochaine assemblée générale le 28 mai, où la majorité des voix lui est assurée étant donné les taux de participation moyen aux AG. Le prochain conseil d'administration, qui aura lieu le 11 mars, pourrait bien être déterminant pour l'avenir de la dirigeante. Il resterait le plus difficile : trouver un remplaçant de talent et n'ayant pas froid aux yeux pour relever le gant.

Toujours est-il que les investisseurs n'ont pas apprécié ce risque d'instabilité : après avoir terminé la séance en baisse de 1,73% hier (à 63,72 euros), le titre Eramet s'inscrivait en baisse de plus de 4% ce matin.

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