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Mark Branson en route pour redresser la BaFin
Le scandale Wirecard l'année dernière a laissé la BaFin très ébranlée, provoquant le départ de son président d'alors Felix Hufeld, annoncé en janvier dernier. L'autorité de réglementation financière allemande tente de retrouver sa crédibilité en faisant appel à un spécialiste du genre, Mark Branson : le Britannique n'est autre que le responsable de l'autorité de surveillance des marchés financiers suisses, la Finma, qui a annoncé la nouvelle hier. Il devrait arriver à la tête de la BaFin au mois de mai.
La faillite rocambolesque de Wirecard, la société allemande de paiements en ligne, star européenne des fintechs, a mis en lumière non seulement une grande négligence - si ce n'est une incompétence - de l'institution de supervision allemande, mais aussi d'inquiétants conflits d'intérêt : l'enquête a révélé que 85 salariés de la BaFin avaient spéculé sur l'action Wirecard au cours du premier semestre 2020, juste avant la faillite de la société et le mandat d'arrêt délivré par la justice allemande contre son PDG Markus Braun pour avoir artificiellement gonflé le bilan de la fintech… Ce scandale avait poussé Olaf Scholz, le ministre allemand des Finances, à annoncer une réforme en profondeur de la BaFin, qui cumule le rôle d'autorité de marchés (au même titre que l'AMF en France) et de superviseur du secteur financier (au même titre que l'ACPR).
Mark Branson dirige la Finma depuis avril 2014, lorsqu'il avait pris la suite de Patrick Raaflaub ; mais il avait intégré le régulateur quatre ans plus tôt, en janvier 2010, en tant que chef de la division Banques. Il a assis sa crédibilité en gérant les conséquences de la crise financière de 2008 (faisant figurer les banques suisses parmi les institutions les plus solides d'Europe), mais aussi les tensions avec les Etats-Unis et plusieurs pays européens - dont la France - consécutives à d'importantes affaires d'évasion fiscale, jusqu'à remettre en cause, au moins officiellement, le secret bancaire suisse. La Confédération peut lui être reconnaissant d'avoir été remise dans le jeu de la coopération internationale en matière fiscale. Il "a très fortement contribué à la mise en place et à l'établissement de notre autorité durant une période très mouvementée pour la place financière", écrit ainsi Marlene Amstad, présidente du conseil d'administration de la Finma, dans le communiqué du superviseur. Mais côté allemand, l'accueil est moins dithyrambique. Une partie de l'opposition estime au contraire que l'autorité suisse n'est pas particulièrement stricte.
Auparavant, Mark Branson, qui possède désormais la double nationalité, avait travaillé pour Credit Suisse, SBC Warburg et UBS, uniquement des groupes financiers suisses. Jan Blöchliger, qui siège déjà au directoire de la Finma, assurera l'intérim à la tête de l'autorité helvétique à partir du 1er mai, jusqu'à ce qu'un remplaçant permanent soit trouvé à Mark Branson.
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