Macro-économie / Taux / Warren Buffet / Charlie Munger
Macro-économie / Taux
Warren Buffet / Charlie Munger
Warren Buffet n'aime pas l'époque
L’assemblée générale 2021 de Berkshire Hathaway, groupe de Warren Buffet, s’est tenue ce samedi comme l’an dernier par écran interposé. Triste simulacre de ce qu’étaient jusqu’en 2019 les allocutions du ponte de la finance devant un stade (Omaha) qui accueillait 80 000 à 120 000 investisseurs - désireux de connaitre l’avis sur les valeurs du moment de celui qui a longtemps excellé en matière de placement - faisant de cette assemblée générale la plus suivie du monde.
On retiendra principalement de cette audience de Warren Buffet aux côtés du vice-président du groupe Charlie Munger - son partenaire en affaire de longue haleine - et de Greg Abel et Ajit Jain – respectivement premier et second successeurs en lice - l’avis des deux experts nonagénaires à l’encontre des cryptomonnaies d’une part, et des Spac d’autre part. Concernant les monnaies numériques, Warren Buffet a dit ne pas s'être exprimé sur ce point pour ne pas défavoriser, par l’influence en Bourse de ses propos, les investisseurs détenteurs de bitcoin composant la majorité de son public. Charlie Munger n’a, quant à lui, rien caché de son scepticisme à l’égard du bitcoin qu’il juge "utile aux kidnappeurs et aux extorqueurs" et "contraire aux intérêts de la civilisation" - des propos manifestement peu considérés par les investisseurs puisqu'ils n'ont eu aucune répercussion sur le cours de la reine des cryptomonnaie.
Concernant les Spac, ces coquilles vides cotées en Bourse dans le but d'acquérir une entreprise, elles se voient administrer le même traitement de défiance. Warren Buffet estime par ailleurs, faisant référence à leur succès, que "cela ne durera pas éternellement" avant de concéder que "c’est là où se trouve l’argent" en ce moment. Si bien que les investissements massifs des Spac à Wall Street constituent selon lui un obstacle au placement de la liquidité détenue par son groupe.
En effet, depuis maintenant deux ans, la société n'a procédé à aucun investissement majeur dans des titres autres que les siens, signe que Warren Buffet - investisseur qui s’attache aux tendances de long terme - ne considère pas les valeurs du moment comme attrayantes. Les 145 milliards de trésorerie de la holding sont au repos, et l'homme d'affaires privilégie le rachat de ses propres titres dans des proportions jusque-là jamais égalées : ces rachats s’élèvent à 25 milliards de dollars concernant l’année 2020, et comptent pour près de 7 milliards concernant ce premier trimestre.
En attendant, la performance du groupe (+2,37 %) au cours de l'année 2020 est significativement inférieure à celle de l’indice de référence S&P 500 (+16,26 %). "Je ne considère pas que nous sommes à un grand moment de l’histoire de Berkshire" a concédé Warren Buffet. La holding de l’investisseur sort par ailleurs d’une année difficile marquée par son désinvestissement dans des groupes - notamment des compagnies aériennes - qui se sont finalement redressés, le soutien budgétaire massif dont a bénéficié l’économie américaine n’ayant pas été suffisamment anticipée.
La holding a cependant terminé le premier trimestre sur une hausse de 20 % de son résultat d’exploitation (7,02 milliards de dollars) et son bénéfice net s’est établi à 11,7 milliards contre une perte de 49,7 milliards l’an dernier. Si bien que le cours en Bourse de Berkshire a grimpé de 10,18 % ce trimestre, battant largement l'indice S&P 500, en hausse de 5,77 % sur la période.
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