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La Fed déploie son bazooka pour acheter du … Apple

Macro-économie / Taux / Fed / Jerome Powell / Dette obligataire / obligations / Apple / Warren Buffet

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La Fed déploie son bazooka pour acheter du … Apple

Dimanche, la Réserve Fédérale a publié la liste des entreprises dont elle va racheter les obligations investment grade dans le cadre de son programme. Parmi elles figurent la firme de Warren Buffett ou encore Apple, lequel dispose déjà de 200 milliards de dollars de cash.
Jerome Powell
Jerome Powell

Le 23 mars dernier en plein cœur de la crise du coronavirus, la Fed annonçait deux programmes inédits et de très grande ampleur pour acheter la dette obligataire primaire (PMCCF, Primary Market Corporate Credit Facility) et secondaire (SMCCF, Secondary Market) des entreprises du pays notées en catégorie investment grade (c’est-à-dire au moins BBB-), pour un montant total de 750 milliards de dollars. Ce plan concernait au départ le rachat d’ETF obligataires et a été étendu mi-juin au rachat d’obligations individuelles d’entreprises. Or dimanche, la Banque centrale américaine a publié les noms des 794 entreprises identifiées dont elle pourrait soit racheter la dette sur le marché secondaire, soit prendre part à leurs émissions primaires. Au 18 juin, le programme primaire n’était pas encore opérationnel, si bien que la Fed a pour le moment racheté 429 millions de dollars d’obligations individuelles de 86 corporates américains, dont des grands noms tels qu’AT&T, Boeing ou encore Walmart, mais aussi le producteur pétrolier Exxon Mobil ou encore le producteur de tabac Philip Morris et la firme de Warren Buffett, Berkshire Hathaway. A ceux-ci s’ajoute le constructeur Ford, tombé en catégorie spéculative juste après l’annonce de la Fed en mars et qui entrait donc encore dans son spectre.

Outre ces achats individuels, qui vont monter en puissance dans l’été, la Fed a également acheté des ETF obligataires investment grade, pour une position totale de 6,8 milliards de dollars pour le moment. Ces ETF achètent des obligations d’entreprise en fonction de leur poids dans l’indice, raison pour laquelle les six plus gros composants de son indice global sont Toyota, Volkswagen, Daimler, AT&T, Apple et Verizon. Il peut paraître choquant qu’Apple figure dans le top 5 des positions de la Fed, alors même que le groupe affichait 192 milliards de dollars de trésorerie dans ses comptes à fin mars 2020. Mais aussi qu’il vient de lever 8,5 milliards de dollars en mai dernier à des taux très attractifs, soit un spread de seulement 60 points de base sur son obligation à trois ans.

Apple n’est donc pas en difficultés en termes de bilan et d’accès au capital, loin s’en faut. La réalité est que pour ne pas se voir accusée de favoriser un secteur ou une entreprise, la Fed a indiqué qu’elle achèterait avec une approche indicielle. Et Apple étant de loin la plus grosse capitalisation boursière avec 1.560 milliards de dollars, elle représente sans surprise un poids prépondérant dans l’indice, et est en bonne place dans les achats de titres de la Fed.

Il n’en reste pas moins que l’utilisation du bazooka historique de la Fed pour acheter la dette d’un groupe comme Apple a de quoi faire froncer les sourcils. Certes, la Fed est encore loin d’avoir utilisé l’essentiel de sa force de frappe, à savoir 750 milliards de dollars dont 500 milliards en primaire et 250 milliards en secondaire, si bien qu’un rééquilibrage pourrait s’opérer. Enfin, son action reste encore bien faible au regard des 2.000 milliards de dollars qu’elle a déployé depuis mars pour racheter des Treasuries et des crédits hypothécaires.

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