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Les gagnants du blocage du canal de Suez
L'Égypte a commencé samedi les travaux de renforcement de digue pour d’élargissement de la section sud du canal de Suez, le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi ayant approuvé la semaine dernière le plan de l’Autorité du canal de Suez (SCA) visant à étendre et à approfondir le tronçon sud de la route maritime.
La mise en œuvre de ce projet – d’élargissement du canal de 40 mètres et d’approfondissement de 20 à 22 mètres - a été accélérée par le blocage en mars dernier du canal par le porte-conteneurs Ever-Given, un accident qui a coûté à l'Egypte entre 12 à 15 millions de dollars par jour d'immobilisation selon la SCA. Les autorités égyptiennes exigent donc de la compagnie Evergreen - propriétaire du porte-conteneurs qui entravait l'artère - qu’elle prenne part aux frais de l’opération de remise à flot du bâtiment et aux frais de dédommagement des pertes occasionnées à hauteur de 916 millions de dollars.
Mais le japonais Shoei Kisen Kaisha, dirigeant de la compagnie de transport maritime taïwanaise, refuse de payer si bien que le porte-conteneurs a été saisi par les autorités égyptiennes. "Le navire est maintenant officiellement immobilisé" a déclaré mardi dernier le lieutenant général Osama Rabie à la télévision égyptienne car "ils ne veulent rien payer" a-t-il ajouté.
Et outre le prix à payer par l'autorité égyptienne et la société Evergreen, le coût direct global engendré par l'accident est estimé entre 6 à 10 milliards de dollars par jour de blocage par l’assureur Allianz, une somme qui comprend notamment le manque à gagner pour les 422 navires - ayant payé leurs 500 000 dollars de droit de passage -, bloqués pendant plusieurs semaines d'un côté ou de l'autre du canal. Un montant donc colossal causé par un accident qui n'aurait pas dû avoir lieu, ce qui a décidé l'Égypte a accéléré ses travaux d'aménagement du canal.
Le projet d'élargissement en cours devrait durer deux ans selon le gouvernement égyptien. En 2014, le pays avait déjà signé des contrats avec six entreprises internationales pour le renforcement des digues du canal : le groupe néerlandais Boskalis – qui a aussi participé à l'évacuation de l’Ever Given - et son homologue Van Oord, les groupes belges Jan De Nul et Ackermans & Van Haaren, la société américaine Great Lakes Dredge and Dock, ainsi que la National marine dredging company des Émirats arabes unis.
Ces entreprises figurent donc comme candidats favoris pour le projet actuel d’expansion du canal. Le marché en a du moins décidé ainsi puisque le titre de Boskalis s’adjugeait 6 % mercredi, le lendemain de l’annonce du projet. En outre, la société néerlandaise spécialiste des infrastructures maritimes a annoncé le même jour que ses dépenses d’investissement s’élèveraient cette année à environ 350 millions d’euros, ses résultats au premier trimestre ayant été conformes à ses attentes.
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