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Suez / Engie / EDF / canal de suez / Bertrand Camus
Suez et le réveil de la belle endormie
L'Histoire de Suez débute il y a 160 ans lorsqu'en 1869 la Compagnie Universelle du Canal de Suez relie l'Orient et l'Occident, une révolution dans les échanges mondiaux. Lors des décennies qui suivent, c'est vrai, Suez participe activement à la révolution de l'hygiène publique, en créant des réseaux d'adduction et d'assainissement sur de larges distances. Au début du XIXe siècle, Suez met aussi en circulation les premières bennes à ordures dans les grandes capitales européennes et mondiales qui se construisent.
Aujourd'hui, les défis qui s'étaient posés dans les pays du Nord se posent désormais au Sud, à ceci près que la préservation de la planète et la lutte contre le changement climatique sont devenues la priorité. Le monde devrait atteindre 9,5 milliards d'habitants dès 2035 alors que seul 2,5% de l'eau sera douce et où 10 millions de tonnes de déchets seront produites toutes les 24 heures, des déchets qu'il faut valoriser. C'est pourquoi Suez, qui doit participer à la promotion d'une économie circulaire et bas carbone plutôt que linéaire, doit investir massivement dans de nouveaux modèles de traitement tout en créant de la valeur, sur fonds d'exigences réglementaires et citoyennes de plus en plus fortes.
C'est dans ce contexte qu'en 2017, Suez a acquis GE Water, l'une des filiales de l'américain General Electric très performante dans le numérique et spécialisée dans le traitement des eaux usées utilisées par les industriels, pour pas moins de 3,2 milliards d'euros. Un marché porteur, qui pesait 95 milliards d'euros en 2016 - selon les dernières données disponibles - et qui devrait croître de 5% par an sur le long terme. Et lorsqu'au début de l'automne, le nouveau directeur général Bertrand Camus a présenté son plan Shaping Suez 2030, le Groupe a là aussi convaincu. La sélectivité des projets et la cession de ses actifs matures, avec une concentration sur les industriels plutôt que sur les collectivités en difficultés budgétaires en Europe. La simplicité des processus industriels par l'accélération de l'innovation. Et enfin, un plan d'économie à hauteur d'1 milliard d'euros d'ici 2023. Ce que le fonds activiste Amber, qui détient près de 2% de la multinationale, avait hautement suggéré au mois de juillet, disant souhaiter voir se réveiller une belle endormie.
Ce matin à l'occasion de la publication de ses trimestriels, le Groupe créé en Europe mais véritablement international, prouve qu'il est capable. Suez a relevé son objectif de croissance organique du chiffre d’affaires, attendue désormais dans le haut de l'intervalle cible de 2 à 3%, et tous les autres objectifs fixés pour l'année sont confirmés, notamment un Ebit de 4 à 5% et un free cash flow compris entre 7 et 8%. Pour ce qui est de l'endettement, Suez vise désormais un ratio dette nette/Ebitda d'environ 3, contre 3,3 il y a encore un an. Le chiffre d'affaires a atteint 13,127 milliards d'euros, en croissance organique de 3,2% avec une contribution positive de chacune des divisions.
La valeur boursière des grandes utilities européennes a fondu sur la dernière décennie. En France, Engie, EDF, mais aussi Suez ont subi l'interventionnisme forcené des pouvoirs publics qui font fuir les investisseurs et les réglementations évolutives, qui diffèrent d'un pays à l'autre, ont aussi pesé négativement sur la valeur. Depuis son entrée en Bourse il y a huit ans, l’action Suez a perdu 8% de sa valeur alors que dans le même temps le titre Veolia Environnement a presque triplé. Manifestement et bien heureusement, les énergéticiens positionnés sur les énergies renouvelables s'en tirent mieux, et c'est bien le chemin qu'a choisi Suez, pleinement engagé dans la révolution de la ressource.
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