WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Alignement des planètes idéal pour Veolia sur Suez

Fusions, Acquisitions / Veolia / Suez / Bertrand Camus

Fusions, Acquisitions
Veolia / Suez / Bertrand Camus

Alignement idéal des planètes pour Veolia sur Suez

Le groupe dirigé par Antoine Frérot se propose de racheter la totalité de Suez pour une valeur de 10 milliards d’euros. C’est la troisième tentative de Veolia pour mettre la main sur son concurrent historique. Mais ce pourrait être la bonne.
Suez_Veolia logo
Suez_Veolia logo

Hier soir Veolia a frappé les trois coups de la rentrée des affaires en annonçant avoir proposé à Engie de lui racheter sa participation de 29,9 % au capital de Suez pour un prix qu’il estime à environ 2,9 milliards d’euros. Si cette première étape aboutit, alors Veolia s’engage à lancer une OPA sur la totalité du capital de son concurrent historique. Une opération dont le montant serait donc de 10 milliards d’euros. À comparer à une valeur boursière de 7,65 milliards d’euros en clôture vendredi dernier. Le but étant de créer un champion français du traitement des déchets et de l'eau.

Pour réaliser cette opération, Veolia compte utiliser sa trésorerie dans un premier temps pour avant de procéder à une éventuelle augmentation de capital en cas d’offre sur l’ensemble du capital de Suez. L’ensemble de l’opération est estimé à environ 10 milliards d’euros et, en tenant compte de la dette de Suez, elle pourrait donner à ce dernier une valeur d’entreprise de l’ordre de 20 milliards d’euros, a dit Antoine Frérot. De la sorte, le schéma de financement permettra à Veolia de maîtriser sa dette et de conserver un profil "investment grade", a-t-il assuré, en insistant aussi sur le fait que cette opération serait "sans effet négatif sur l’emploi en France". Par ailleurs, cette opération serait relutive dès la première année grâce notamment à des synergies opérationnelles et d’achats estimées à 500 millions d’euros, selon Veolia.

Jamais les planètes n’ont été aussi bien alignées pour l’aboutissement de cette opération montée avec l’aide de Jean-Marie Messier chez Messier-Maris, de David Azéma chez Perella, et de Citigroup pour le conseil d’administration. D’abord parce que depuis les annonces faites par Jean-Pierre Clamadieu, le patron d’Engie, le 30 juillet dernier, les investisseurs ont bien compris que le groupe énergétique était "vendeur" de sa participation parmi les 8 milliards d’actifs qu’il entend céder. Ensuite parce que si Bertrand Camus est un très bon patron de Suez, avec une stratégie destinée à recréer de la valeur, il a pour l’instant du mal à délivrer, et les actionnaires peuvent préférer céder leurs titres à Veolia. Enfin parce que politiquement ce rapprochement hautement sensible est aujourd’hui possible. Surtout dans la mesure où l’activité eau de Suez est cédée au fonds Meridiam, créé par un ancien de la Caisse des Dépôts.

Veolia propose donc à Engie 15,50 euros par action en numéraire pour ces 29,9 % de Suez (on cote 14,65 euros ce matin) et cette offre est valable jusqu’au 30 septembre. Ce prix représente selon Veolia une prime de 50 % par rapport au cours de clôture de l’action Suez le 30 juillet, juste avant qu’Engie ne dise réfléchir à toutes les possibilités vis-à-vis de sa participation au capital de Suez. Dans un communiqué, Engie a déclaré qu’il allait étudier cette proposition "dans les prochaines semaines". Le groupe s’apprête à choisir un conseil financier pour l’entourer dans cette opération.

Suez, de son côté ne s’est pas montré enthousiasmé par cette démarche, soulignant qu’elle “n’a pas été sollicitée et n’a fait l’objet d’aucune discussion” entre lui-même et Veolia. Suez réunira donc son conseil d’administration dans les plus brefs délais afin d’étudier l’opération et ses impacts envisagés”. Mais c’est un conseil désormais présidé par Philippe Varin et non plus par Jean-Louis Chaussade qui avait un lien quasi filial avec cette entreprise. Et les administrateurs de Suez devront regarder dans quelle mesure Suez est capable d’offrir, stand alone, à ses actionnaires les mêmes 15,50 euros que Veolia se propose de mettre sur la table.

Par ailleurs pour que Veolia soit certain de réussir cette troisième tentative, le groupe doit être capable d’intégrer les équipes de Suez et notamment de réserver à Bertrand Camus une place à part. C’est maintenant que les discussions vont commencer.

Mais au-delà de la simple affaire Veolia-Suez, cette annonce montre la volonté de certains industriels de tourner la page du Covid en préparant le monde d’après par des consolidations de grande ampleur, au niveau mondial. D’autres grandes opérations de fusions et acquisitions sont en préparation. Et l’annonce par la Fed, la semaine dernière, du maintien d’un environnement de taux bas, est une aubaine pour tous ceux qui veulent passer à l’offensive.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article