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Régulation / Concurrence / bitcoin / cryptomonnaies

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Cryptos : le régulateur américain sévit à son tour

L'Office of the Comptroller of the Currency chargé de surveiller et réguler les banques américaines, a demandé aux autres régulateurs du pays de coopérer pour mieux encadrer les cryptoactifs. Déclarations qui ont immédiatement fait baisser le bitcoin. 
Bitcoins - monnaie virtuelle - illustration
Bitcoins - monnaie virtuelle - illustration

 

Après la Chine, dont la Banque centrale a interdit il y a une dizaine de jours aux institutions financières du pays de proposer des services liés au bitcoin à leurs clients, les États-Unis ont à leur tour décidé de sévir à l'égard des cryptoactifs. Michael Hsu, le nouveau responsable de l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC) a ainsi demandé aux autres régulateurs du pays de coordonner leur action afin d'établir un "périmètre réglementaire" pour encadrer les actifs numériques et crypto devises. Dans une interview au Financial Times hier, le patron de l'organe américain chargé de surveiller et réguler les banques du pays a ainsi révélé que la première réunion d'une équipe interrégulateurs, axée sur les cryptomonnaies, comprenant des représentants de la Réserve fédérale, de la Federal Deposit Insurance Corporation et de l'OCC, avait même déjà eu lieu au début du mois. Et que l'ensemble des acteurs avait exprimé sa volonté de renforcer l'encadrement des cryptoactifs. "L'idée est que le temps est compté et que si le marché des cryptos devient trop gros, cela sera plus difficile de le réguler", a déclaré Hsu au Financial Times. La dérégulation permissive offerte aux cryptomonnaies par le Président Trump, qui avait même placé l’ex-dirigeant de Coinbase, Brian Brooks à l’OCC, a donc fait long feu.

Hsu n'est d'ailleurs pas la seule personnalité du monde de la réglementation à avoir récemment mis en évidence le manque d'encadrement en matière de cryptomonnaie aux États-Unis. S'adressant à une commission de la Chambre des représentants le mois dernier, le président de la SEC, Gary Gensler, a parlé de "lacunes" dans le paysage réglementaire des cryptoactifs actuel. Et déclaré aux législateurs ce mois-ci que : "permettre à la SEC de réglementer les échanges de cryptomonnaie contribuera à assurer la protection des investisseurs et à prévenir la manipulation du marché."

Les déclarations de M.Hsu au célèbre quotidien financier n'ont en tout cas pas manqué de faire réagir le marché des cryptos hier, tout comme le tour de vis de la PBoC avait contribué à faire dégringoler le bitcoin il y a dix jours. Le Bitcoin est ainsi passé de 32 013 euros à 30 038 euros entre le 27 mai et hier, soit une chute de 6% depuis la fin de semaine dernière, reflétant bien la très grande volatilité de ce type d'actifs (cinq fois supérieure à celle des devises traditionnelles) et dont le cours a fait les montagnes russes depuis le début de l'année.

Rappelons qu'en février dernier, le prix du bitcoin avait entamé une ascension fulgurante après qu'Elon Musk, le P.-D.G. de Tesla, avait déclaré que sa société avait investi 1,5 milliard de dollars dans la cryptomonnaie, entraînant une hausse de cette devise virtuelle à un sommet historique de 64 863 dollars. Le patron iconique avait finalement retourné sa veste au sujet du Bitcoin quelques mois plus tard, déplorant son impact sur l'environnement : la plus célèbre des cryptomonnaies a alors dégringolé jusque 30 000 dollars, soit une baisse de 53,75 % en l'espace de deux semaines. La capitalisation du marché des cryptomonnaies est également passée sous la barre des 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière pour s'échanger à seulement 1 200 milliards de dollars.

La menace d'une réglementation plus stricte concernant ce type d'actifs encore très mal compris et difficiles à cerner pour les régulateurs traditionnels a naturellement fait trembler les spéculateurs en cryptos, qui profitaient jusqu’à présent de l'absence d'encadrement pour agir comme ils l'entendaient sur ce marché. "Ce rappel à l’ordre de l'OCC et des régulateurs américains était prévisible : il n’est pas encore concevable pour l’État d’abandonner le monopole régalien de lever l’armée et de battre la monnaie", commente ainsi Thomas Planell, gérant-analyste chez DNCA Investments. La nouvelle administration Biden entend visiblement réévaluer la position permissive du bureau de l'OCC à l’égard des tokens qui prévalait à l'ère deTrump...

 

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