Professions financières / BPCE / Natixis / Gestion d'actifs / Banque Palatine
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BPCE / Natixis / Gestion d'actifs / Banque Palatine
BPCE se place sur de nouveaux rails
Douze ans après sa création par le rapprochement compliqué entre les groupes Caisse d’Épargne et Banques Populaires, BPCE s’est mis en ordre de marche pour aborder le monde de demain. Libéré des contraintes de la Bourse, puisque le groupe bancaire mutualiste est en train de retirer de la cote sa filiale Natixis, qui regroupe principalement les métiers de gestion d’actifs, de gestion de fortune, de BFI (banque de financement et d’investissement), d’assurances.
Le plan stratégique "BPCE 2024" fixe un objectif de croissance des revenus de 3,5 % par an en moyenne pour atteindre un Produit net bancaire (PNB) de 25,5 milliards d’euros dans quatre ans. Cinq domaines prioritaires devront à eux seuls apporter 1,5 milliard d’euros de PNB nouveau : la transition environnementale (notamment à travers l’épargne) avec une contribution supérieure à 300 millions d’euros par rapport à 2020, la santé pour plus de 250 millions, l’assurance non-vie (plus de 300 millions), le crédit à la consommation (plus de 300 millions) et enfin les Entreprises de taille intermédiaire (ETI), via lesquelles BPCE devra générer plus de 300 millions d’euros supplémentaires.
Le montant visé représente toutefois une hausse modeste par rapport au niveau d’activité hors-Covid : en 2019 et 2018, l’établissement affichait un PNB autour de 24 milliards d’euros. En revanche l’objectif de résultat net a lui été fixé à 5 milliards d’euros, contre 2,1 milliards en 2020 (exercice marqué par la pandémie) et 3 milliards en 2019.
Cette amélioration très sensible de la rentabilité du BPCE devra se faire au prix de la poursuite de sa politique d’économies et de la simplification de sa structure – le groupe s’est constitué d’ajouts successifs qui, outre les réseaux des Caisses d’Épargne et des Banques Populaires et leur BFI respective Natexis et Ixis, comprennent Banque Palatine (spécialisée dans les PME), la banque en ligne Oney, les activités d’assurances, les services financiers spécialisés, ainsi qu’une myriade de boutiques de gestion d’actifs évoluant dans l’orbite de Natixis Investment Managers (Natixis IM). Cette simplification frugale nécessitera 900 millions d’euros d’investissements, mais devra produire 800 millions d’euros d’économies par an. BPCE veut maintenir un coefficient d’exploitation inférieur à 65 %.
À contre-courant dans la banque de proximité
Concernant l’activité de banque de détail, les deux réseaux veulent gagner 800 000 clients supplémentaires et dégager un PNB de 18 milliards d’euros. Pour cela, ils comptent maintenir peu ou prou leur maillage d’agences – alors que les fermetures sont un thème récurrent dans le secteur de la banque de détail en France, suscitant l’opposition des représentants du personnel, des populations et les élus locaux. "Il n’y a pas de plan de réduction du nombre d’agences en vue", promet Christine Fabresse, directrice générale, responsable Banque de proximité et assurances du groupe, sans exclure des ajustements "pragmatiques" et locaux ici ou là. Les responsables voient dans cette politique revendiquée à contre-courant le moyen de récupérer des clients d’autres réseaux, qui eux réduisent la densité de leur maillage.
Dans les autres métiers au service de la banque de détail, logés dans Natixis, BPCE a de fortes ambitions. Il veut devenir le premier acteur bancaire en France dans le crédit à la consommation : il veut capter les deux tiers des prêts personnels souscrits par les clients des Banques Populaires et les trois quarts de ceux souscrits par les Caisses d’Épargne, alors qu’un particulier n’est pas particulièrement fidèle à sa banque principale lorsqu’il souscrit un crédit conso. Dans l’assurance non-vie, le groupe veut équiper 35 % de ses clients particuliers en IARD et en prévoyance et plus de 50 % de ces contrats professionnels en IARD.
Cap sur la gestion et les ETI
Les problèmes de H2O en cours de règlement plus ou moins rapide, Natixis affiche des ambitions très fortes en gestion d’actifs. "Natixis IM veut s’affirmer comme un leader mondial de la gestion d’actifs, à travers la diversification et un développement sélectif. Nous sommes aujourd’hui quinzième acteur mondial et deuxième européen. Nous voulons poursuivre cette croissance", annonce Nicolas Namias, directeur général de Natixis. Autant dire que la place d’Amundi, la filiale du Crédit Agricole et numéro un européen, est implicitement convoitée. Moteur de cette croissance, Natixis IM prévoit une "offre renforcée dans la gestion à forte valeur ajoutée, les actifs privés, la gestion assurantielle et la gestion quantitative", énumère Nicolas Namias. Concrètement, Natixis IM, doté d'un nouveau patron, vise une croissance annuelle moyenne de son PNB supérieure à 3 %, une collecte nette cumulée de 100 milliards d’euros entre 2021 et 2024 (dont 75 % hors de France) et la moitié de ses encours sous forme durable ou à impact.
La BFI a souvent joué les montagnes russes au gré des crises internationales. À nouveau réorganisée fin 2020 pour réduire son exposition au risque, Natixis CIB vise néanmoins une croissance annuelle de son PNB de 7 % d’ici à 2024, grâce notamment à 500 millions d’euros de nouveaux revenus dans 8 secteurs économiques "cœurs" (notamment la santé et les technologies).
Les ETI, clientèle à cheval entre la banque de réseau (en particulier Banque Palatine) et Natixis CIB, seront abordées de manière plus systématique et ordonnée. Pour générer plus de 300 millions d’euros de PNB supplémentaire, "BPCE entend capitaliser sur son ancrage régional et renforcer la coordination intragroupe (développement de l’accès aux expertises et plateformes du Groupe et renforcement de la collaboration entre banques). Il vise ainsi plus de 500 nouveaux clients et un accroissement des encours de financement de plus de 5 milliards d’euros d’ici à 2024", explique le groupe dans son communiqué.
Sur un plan géographique, l’ancrage nord-américain de Natixis en gestion comme en BFI (40 % des revenus viennent de cette zone, à égalité avec la France) sera réaffirmé, tandis que la zone Asie-Pacifique sera sa priorité en termes de développement.
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