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Solutions 30 / Numérique
Solutions 30 veut tourner la page
Fort de solides résultats au premier semestre, Solutions 30 espère avoir laissé dernière lui les mauvais moments vécus au début de l’année. Son nouvel auditeur, PKF Audit & Conseil, a certes formulé une réserve technique sur les comptes liée à leur comparabilité, étant donné qu’EY (son ancien commissaire aux comptes) s’était estimé incapable de "fonder une opinion d’audit sur [les] états financiers consolidés" de l’exercice 2020, en raison d’un manque d’informations. En revanche, a assuré mercredi soir le directeur financier de Solutions 30 Amaury Boilot, l’analyse de PKF n’a révélé aucune anomalie dans le bilan d’ouverture de la société au 1er janvier 2021. La réserve technique "n’a pas eu d’incidence sur nos relations avec nos partenaires bancaires", a-t-il ajouté.
Le prestataire de services d’assistance dans le numérique (comme la fibre ou les compteurs Linky) a préféré insister sur l’avenir. D’une part, sur la recherche d’un actionnaire de référence, alors que son actionnariat est très éclaté – le flottant représente en effet 72% de son capital, son premier actionnaire Gianbeppi Fortis (cofondateur et président du directoire) n’en détient que 16,6% et son deuxième est Swedbank, à seulement 5,25%. Autant dire que Solutions 30 est très vulnérable à un raid boursier. "Maintenant que nous avons publié nos résultats, nous allons entrer dans une phase plus active" de recherche, a souligné Gianbeppi Fortis, qui a mandaté Rothschild cet été.
Les fonds d'infrastructures aussi
Les dirigeants affirment ne pas avoir de préférence sur la nature du futur actionnaire – industriel ou fonds d’investissement. Ces derniers, qui ont accumulé des sommes record à investir ces dernières années, sont particulièrement actifs dans le M&A depuis le début de l’année (ils sont intervenus dans 40% des transactions en montant au premier semestre, soit six points de plus qu’aux premier et second semestres 2020 et… 10 points de plus qu’il y a deux ans, selon PitchBook). La liste des candidats potentiels s’élargit aux fonds d’infrastructures, dont l’intérêt dépasse désormais largement les projets et les actifs pour s’étendre aux gestionnaires et aux prestataires de services aux infrastructures. "Les fonds d’infrastructures font partie des cibles que nous allons approcher", admet Gianbeppi Fortis.
D’autre part, Solutions 30 veut avancer dans ses ambitions de croissance, en particulier à l’étranger. "Dans cinq ans, nous devons être capables d’atteindre la taille critique dans chaque région où nous sommes implantés", a indiqué le dirigeant. Par taille critique, il entend une envergure équivalente à la France, où le groupe réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 500 millions d’euros. Il évoque ainsi le plan fibre en Allemagne pour 2022, celui de la Belgique en cours de déploiement ou encore l’italien, déployé depuis 2019. Ce qui n’exclut pas des acquisitions pour acquérir des clients ou des parts de marché, mais aussi des savoir-faire – y compris en France sur ce dernier point.
Pour satisfaire ses ambitions, Solutions 30 veut s’appuyer sur des comptes solides. Au premier semestre, son chiffre d’affaires a progressé de 21% (17,5% à périmètre et change constants) à 441 millions d’euros, dont 58% réalisés via les activités de maintenance, tandis que son Ebitda s’est adjugé 20%, à 49,5 millions. Les points noirs des comptes – une marge d’Ebitda qui perd 0,1 point à 11,2% et l’effondrement du flux de trésorerie de l’activité (qui tombe de 84,6 millions à 7,2 millions d’euros) – s’expliquent par les montées en charge des contrats (plus de 500 millions d’euros de nouveaux contrats ont été signés aux deuxième et troisième trimestres) et le retour à des conditions de règlement plus conventionnelles consécutif à la réduction des restrictions sanitaires.
Pour l’ensemble de l’année, Solutions 30 anticipe une croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires.
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