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Les malheurs de Solutions 30 pourraient jeter une ombre sur la Place de Paris

Alimentant les rumeurs de malversations concernant Solutions 30, le commissaire aux comptes EY estime ne pas être en mesure d’émettre d’opinion sur les comptes du groupe. Une décision que Solutions 30 conteste.
Logo - Solutions 30
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Dix séances de suspension de cotation – depuis le 10 mai – n’auront rien changé. L’action Solutions 30 s’est effondrée hier de 71% à la Bourse de Paris pour son premier jour de reprise et perdait encore 7% aujourd’hui à midi, à 2,8 euros, après un rebond sans lendemain à l’ouverture.

Depuis l’année dernière, le spécialiste luxembourgeois de la pose de compteurs électriques et de réseaux de fibre optique (ex-PC30) est la cible d’accusations de fraude et de complicité de blanchiment d’argent portées par un rapport anonyme publié le 8 décembre et reprises par le fonds activiste Muddy Waters en janvier dernier.

Que s’est-il passé de nouveau ? Le commissaire aux comptes EY a refusé de certifier les comptes 2020 de Solutions 30. "Nous n'avons pas été en mesure de recueillir des éléments probants suffisants et appropriés pour fonder une opinion d'audit sur ces états financiers consolidés", indique EY dans le rapport financier 2020 de la société, mis en ligne dimanche.

L’auditeur explique en particulier qu’il n’a "pas pu recueillir des éléments probants suffisants et appropriés justifiant la nature, la substance, la valeur et la conformité avec les lois et règlements de certaines transactions réalisées par le groupe et déterminer si ces transactions ont été conclues avec des parties liées y compris les membres de la direction". Certaines transactions concernent par exemple Francesco Serafini, le vice-président du conseil de surveillance de Solutions 30. En conséquence, EY ajoute que "les incidences éventuelles sur les états financiers consolidés d'anomalies non détectées pourraient être à la fois significatives et avoir un caractère diffus".

Solutions 30 réfute la position d’EY qui, souligne l’entreprise, "ne constitue ni une certification, ni une certification avec réserve, ni une opinion défavorable". Elle affirme au contraire que ses équipes ont répondu "avec diligence" aux demandes d’information d’EY, qui n’aurait subi aucune restriction ; elle a publié l’inventaire des transactions avec les parties liées évoquées en annexe de ses comptes et estime qu’elles "ont toutes été réalisées à des conditions normales de marché".

L’entreprise réfute également les risques d’anomalies en évoquant la gestion centralisée de ses activités et sa situation de trésorerie de 159 millions d’euros fin 2020, pour 100 millions de dette bancaire.

Les risques n’en demeurent pas moins réels pour Solutions 30. Face à la fragilisation de sa situation capitalistique, conséquence d’une confiance largement écornée auprès des investisseurs, le groupe va mandater des banquiers-conseils pour rechercher un actionnaire de référence. D’autre part, l’absence d’opinion de son auditeur pourrait représenter un cas d’exigibilité anticipée de sa dette. C’est la raison pour laquelle l’entreprise a demandé la nomination d’un conciliateur auprès du tribunal de Bobigny, notamment dans le cadre du dialogue avec ses créanciers. Il envisage également de nommer un nouveau commissaire aux comptes.

L’affaire est importante pour la Place de Paris : Solutions 30 avait intégré le SBF 120 en septembre, après une progression rapide puisqu’elle a fait son entrée en Bourse en 2005 sur Euronext Access avec une capitalisation de 4,5 millions d’euros, pour intégrer le compartiment A d’Euronext en juillet 2020 avec une capitalisation 1,5 milliard.

Même si aucune accusation n’a pour l’instant été confirmée, les déboires de Solutions 30 rappellent le scandale comptable du groupe allemand Wirecard, également audité par EY.

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