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Fusions, Acquisitions / M&A / Patron / EY / Etude

Fusions, Acquisitions
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M&A : les patrons, plus inquiets qu’il n’y paraît ?

Selon une étude EY sur les perspectives M&A des patrons, ces derniers étaient très optimistes sur la croissance et les deals, mais ont moins de projets d’acquisitions. Ils mettent en cause les risques politiques et réglementaires, mais aussi la concurrence du private equity.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

Réalisé tous les six mois, le baromètre de confiance des dirigeants d’entreprise du cabinet EY pour octobre est à remettre en perspective, dans la mesure où il a probablement été mené juste avant la grande déroute des marchés. Mais il fait déjà apparaître une certaine prudence de la part des patrons interrogés qui, s’ils se montrent très optimistes sur la tenue des marchés, de l’économie et des M&A, ont moins de projets actifs dans leurs besaces. Ainsi, parmi les 2.600 hauts responsables de 14 secteurs et 45 pays consultés pour cette étude, 85 % voient l’économie mondiale s’améliorer, 80 % anticipent une augmentation des profits des entreprises et 90 % misent même sur une amélioration du paysage des M&A.

Concernant les principaux risques pesant sur leur activité, les dirigeants classent certes l’incertitude réglementaire et politique (29 %), qui les oblige à naviguer avec de nouvelles formes d’intervention et à anticiper les difficultés. Mais en premier lieu, ils ont mis en cause les "forces disruptives" (31 %), en particulier la technologie susceptible de changer les préférences ou les habitudes des consommateurs. En revanche, c’est bien le risque réglementaire et politique qui est largement cité (46 %) comme premier frein au bon déroulement des M&A dans les 12 prochains mois.

Les tensions commerciales et une vision plus protectionniste des autorités de régulation ont-elles eu raison des projets M&A des chefs d’entreprise ? La priorité d’une majorité d’entre eux est à l’heure actuelle d’améliorer leur besoin en fonds de roulement (28 %) bien loin devant les acquisitions, joint-venture et alliances (11 %). Certes, cela est lié au fait que 56 % d’entre eux gèrent des sociétés cotées, mais l’écart reste frappant. Plus marquant encore, après le record historique atteint par les M&A mondiales au premier semestre, avec 2.500 milliards de dollars de deals et en particulier 33 opérations à plus de 10 milliards de dollars, les patrons ne semblent pas si pressés de passer à l’action. Seuls 46 % d’entre eux envisagent de poursuivre activement une opération M&A dans les 12 prochains mois, le chiffre le plus faible en quatre ans.

Pour EY, il s’agit probablement "plus d’une pause que d’un arrêt total", mais le comportement des dirigeants, qui observent une accélération des deals autour d’eux mais choisissent de prendre leur temps, laisse perplexe. Pour le cabinet de conseil, ils cherchent à analyser les conséquences de l’incertitude réglementaire et politique, mais aussi à intégrer totalement les acquisitions déjà faites et ne pas se précipiter. Une raison peut être avancée : le taux d’échec de ces projets très consommateurs de temps, puisque 93 % des responsables interrogés avouent avoir échoué à faire aboutir un deal dans les 12 derniers mois, principalement pour des raisons réglementaires car les critères des autorités évoluent et doivent être mieux appréhendés. Enfin, un autre type d’acteur est lui aussi positionné sur ces opérations : le private equity, qui bénéficie de plus de 1.000 milliards de dollars de "dry powder" à investir. Pour 31 % des patrons, le non coté sera un acquéreur majeur, et par conséquent un concurrent féroce pour les corporates dans leurs projets d’acquisition.

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