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France : l'attractivité industrielle au sommet
En dix ans, la France n’a jamais été aussi attractive. Ce sont les résultats de la dernière enquête du cabinet EY, qui montre qu’elle a finalement rattrapé ses deux grands concurrents historiques, le Royaume-Uni et l’Allemagne, sur fond de Brexit polémique et de relations américano-allemandes pour le moins délicates.
L’enquête a été réalisée auprès de 208 dirigeants étrangers, déclarés impliqués dans les décisions d’investissement étranger, et interrogés dans 26 pays en trois langues différentes. Il en ressort que, en 2018, 77 % des entrepreneurs étrangers disent avoir “confiance en l’avenir de l’industrie de la France”. Le chiffre est en hausse de 12 points par rapport à l’an passé. Un redressement non négligeable. Et aux auteurs de l’étude d’expliquer que, “la consommation, les carnets de commandes des donneurs d’ordres industriels, les investissements dans les infrastructures sont autant de raisons pour des entreprises industrielles, tertiaires ou technologiques, de toutes origines de retrouver le chemin de l’Hexagone”.
La France a annoncé 1.019 projets en 2017, en hausse de 31 % en un an, ce qui fait d’elle la troisième du podium au classement européen des pays d’accueil des investissements étrangers. Elle talonne l’Allemagne (1.124, +6 %) et le Royaume-Uni (1.205, +6 %). Et le regain d’activité est essentiellement lié à l’industrie “au centre de l’activité tricolore”. La France accueille 323 projets (+52 % par rapport à 2016) et conserve sa première place européenne qu’elle honore depuis dix ans, date du premier baromètre EY sur l’attractivité française. La capacité d'innovation et de recherche "reste l'atout majeur de l'attractivité de la France" pour 38 % des dirigeants étrangers.
Interrogés sur les réformes qui pourraient encore améliorer son attrait, les décideurs estiment que le coût du travail reste encore l’un des plus grands obstacles. C’est d’ailleurs le seul souhait de réforme qui enregistre une hausse entre les enquêtes de l’an dernier et cette année, passant de 31 % à 38 % de réponses. Et pourtant, selon l'étude d'EY, le coût de la main-d’œuvre dans l'industrie était plus faible en France qu'en Allemagne en 2018 (39,60 euros l'heure contre 41,04 euros l'heure). Parmi les autres souhaits de réforme, la compétitivité fiscale est première à 43 % - mais en diminution de 12 points sur un an - suivie de près par la simplification administrative, elle aussi en forte baisse.
Enfin, l’enquête révèle que la France a "de grands champions", mais que ses PME et ETI doivent encore "développer leur rayonnement mondial". L’Hexagone ne compte que 120.000 entreprises exportatrices contre plus de 300.000 en Allemagne. L’attractivité est l’affaire de tous.
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