Politique économique / attractivité / économie française / A.T. Kearney
Politique économique
attractivité / économie française / A.T. Kearney
"L’effet Macron" joue encore sur l’attractivité
Alors que la vie politique française est congelée depuis six mois, et qu’elle risque de l’être encore si le parti du Président de la République ne gagne pas les élections européennes, l’image de la France auprès des patrons étrangers ne semble guère en souffrir. Et c’est tant mieux. Eux ne regardent que le Président de la République qui veut réformer vite – voire trop vite aux yeux de certains de nos concitoyens – le pays et saluent les mesures fiscales et son activisme auprès des grands groupes étrangers.
Selon ce baromètre effectué chaque année par AT Kearney, la confiance dans l'économie française, qui a fortement augmenté depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, n'a pas été "affectée par le mouvement des Gilets jaunes". Les 10 principales destinations probables des investisseurs cette année sont relativement stables par rapport aux résultats de l'an dernier. Les 10 premiers pays de l'indice restent inchangés par rapport à 2018, à l'exception de Singapour qui remplace la Suisse.
L'Allemagne reprend la deuxième place, tandis que le Canada se classe troisième. Le Royaume-Uni se maintient à la quatrième place, tandis que la France se hisse à la cinquième place. Et la Chine est tombée au septième rang cette année, son plus bas rang en 20 ans d'histoire de l'indice. Cette année, c'est donc la première fois que les cinq premiers rangs sont tous des marchés développés. Les marchés de l'Asie-Pacifique - y compris le Japon, la Chine, l'Australie et Singapour - dominent le reste des 10 premiers marchés.
La domination persistante des marchés développés est probablement liée au fait que quatre des cinq principaux facteurs dont les investisseurs tiennent compte lorsqu'ils choisissent d'investir sont liés à la gouvernance et à la réglementation. Le seul aspect non lié à la gouvernance parmi les cinq premiers est la capacité technologique et d'innovation, qui favorise également les marchés développés. Les investisseurs soulignent toutefois que l'instabilité politique sur les marchés développés est le risque le plus probable cette année, suivi de près par une crise économique et un environnement commercial plus restrictif. Les investisseurs voient ces possibilités comme beaucoup plus probables que les risques correspondants sur les marchés émergents. L'autre risque majeur que les investisseurs identifient cette année est celui des tensions géopolitiques, bien que les estimations des investisseurs quant à la probabilité d'un tel risque diminuent quelque peu par rapport aux années précédentes.
L’autre leçon de ce baromètre, c’est que l'optimisme des investisseurs à l'égard de l'économie mondiale demeure solide, même s’il diminue. Ils restent largement optimistes à l'égard de l'économie mondiale, 62 % d'entre eux se disant plus optimistes que l'an dernier. Il s'agit toutefois d'une baisse par rapport aux 66 % qui étaient plus optimistes en 2018, ce qui constitue la première baisse de ce genre de la tendance haussière de l'économie mondiale depuis 2016. Les investisseurs restent les plus optimistes quant aux perspectives économiques en Asie-Pacifique. L'Europe et l'Eurasie sont également considérées comme des régions prometteuses, mais le niveau d'optimisme des investisseurs s'est considérablement réduit depuis l'année dernière.
Toute la question est de savoir comment évoluera ce baromètre lorsque les patrons étrangers auront pris conscience que la dépense publique française ne parvient pas à diminuer, que le déficit budgétaire va largement dépasser le seuil des 3 % et que la France s’apprête à voir sa dette dépasser, pour la première fois de son histoire, le cap des 100 % de sa richesse nationale. Chaque chose en son temps.
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