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Macro-économie / Taux / économie française / Inflation

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ukraine France : une inflation grandissante côtoie une croissance molle

UKRAINE. Au premier semestre, le pic d’inflation devrait se produire en juin, prévoit l’Insee, qui anticipe une croissance très légèrement supérieure à zéro au deuxième trimestre. La guerre en Ukraine continue d’entraver l’Hexagone.
Pont Alexandre-III, Paris - Nathan Lainé / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Pont Alexandre-III, Paris - Nathan Lainé / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Pour l’économie française, l’odeur de stagflation (croissance nulle et inflation élevée) ne va pas se dissiper de sitôt. Après une progression inexistante du Produit intérieur brut (PIB) entre janvier et mars (en glissement trimestriel) et des hausses des prix à la consommation toujours en augmentation depuis de nombreux mois, les perspectives pour le deuxième trimestre n’apparaissent guère plus encourageantes. Selon l’Insee, la croissance du PIB devrait atteindre 0,25 % au deuxième trimestre quand l’inflation annuelle pourrait dépasser 5 % en mai et en juin. "Nous ne sommes pas dans une situation de stagflation car un tel phénomène doit pouvoir s’observer de manière durable", a estimé Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l’institut statistique, à l’occasion d’une conférence de presse.

Après avoir reculé au premier trimestre (1,3 %), dans une ampleur plus grande qu’anticipé par l’Insee, sous l’effet concomitant de la vague Omicron et des hausses de prix liées à la guerre en Ukraine, la consommation des ménages devrait légèrement se ressaisir durant le printemps. Malgré une diminution du pouvoir d’achat (environ 2 % de baisse par rapport au dernier trimestre 2021) des ménages, certaines branches de l’économie devraient profiter de l’allègement des contraintes sanitaires. "Les services d’hébergement-restauration et de transports pourraient par exemple bénéficier d’un effet de rattrapage. La consommation de biens resterait quant à elle stable sur le trimestre, comme le suggère l’exploitation des montants agrégés de transactions par carte bancaire CB au mois d’avril", explique l’Insee.

La hausse des prix à la consommation ne devrait pas faiblir au deuxième trimestre, bien au contraire. Alors qu’elle atteignait 2,9 % en janvier, avant le déclenchement du conflit russo-ukrainien, elle devrait s’afficher à 5,4 % en juin, soit un niveau inédit depuis septembre 1985. "Avec une augmentation de ses prix de 26 % sur un an, l’énergie serait toujours le premier contributeur [2,1 points, ndlr]", a précisé Julien Pouget, qui a indiqué que cette prévision se basait sur un prix du baril de Brent à 105 dollars et 100 euros. À noter que l’inflation se voit significativement freinée par le bouclier tarifaire sur les prix du gaz et l’électricité ainsi qu’au travers de la remise de 18 centimes par litre de carburant. Elle aurait dépassé 7 % l’an en juin sans ces onéreuses mesures budgétaires, selon les estimations de l’Insee (le gain est d’environ 2 points).

Ce profil de croissance trimestrielle peu reluisant, au moins au premier semestre, pourrait ne pas empêcher la France d’afficher une belle performance sur l’année. En effet, le rebond économique observé durant la seconde partie de l'année 2021 a permis à l’économie hexagonale d'engranger un important acquis de croissance. Elle devrait aborder la seconde partie de l’année avec un acquis de croissance de 2,6 % : il s’agit de la croissance annuelle qu’elle réaliserait si l’activité économique demeurait entre juillet et décembre au même niveau que pendant le deuxième trimestre. Le gouvernement n'a toujours pas révisé sa prévision de croissance de 4% pour 2022.

Les aléas autour du scénario de l'Insee sont nombreux. "Les risques sont essentiellement d'origine internationale", a jugé Julien Pouget, qui a notamment cité les difficultés de l’économie chinoise liées à la stratégie "zéro Covid" et la normalisation de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

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