Macro-économie / Taux / INSEE / économie française
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INSEE / économie française
Voici ce qui pourrait attendre l'économie française au premier trimestre
Janvier fut le mois de la stagnation. Selon les dernières estimations de l’Insee, l’activité économique hexagonale évoluait, comme en décembre, 4% en dessous de son niveau d’avant-crise - quatrième trimestre 2019. Concrètement, l’activité aurait légèrement progressé par rapport à décembre dans l’industrie, quand, au sein des services principalement marchands, elle serait restée stable. Sans surprise, ces derniers demeurent fortement affectés par les secteurs directement concernés par les mesures de restrictions (hébergement restauration, transport et entreposage, activités de loisir). Du côté des services non marchands, l’activité serait "faiblement dynamique, portée comme au quatrième trimestre par les services de santé", indique l’Insee.
Ce matin, lors de la présentation de son nouveau point de conjoncture, l’Insee n’a pas fait que regarder dans le rétroviseur. En effet, l’institut statistique a présenté trois scénarios concernant l’évolution du Produit intérieur brut (PIB) français lors du premier trimestre 2021. "Le contexte sanitaire de ce début d’année reste très incertain", précisent les économistes de l’Insee en préambule. Dans le cas d’un statu quo jusqu’à la fin du trimestre des mesures de restrictions sanitaires actuelles, l’activité pourrait poursuivre sa lente progression, sous l’essor de la dynamique de l’industrie. Néanmoins, dans les services, l’activité resterait pénalisée par celle des secteurs toujours affectés par les mesures de restriction ; le PIB progresserait ainsi de l’ordre de 1,5% au premier trimestre – en glissement trimestriel.
Alors que l’hypothèse d’un troisième confinement n’est pas écartée par l’exécutif, l’Insee s’est efforcé de calculer quel pourrait être son impact. L’institut statistique estime qu’avec un confinement d’une durée d’un mois - selon les mêmes modalités qu’en novembre - et en faisant l’hypothèse que le reste du trimestre connaisse le même niveau d’activité qu’en janvier, la croissance du PIB serait nulle sur les trois premiers mois de l’année. La France ne replongerait ainsi en récession (son PIB a reculé lors du dernier trimestre de l’année 2020) que dans le troisième scénario de l’Insee qui suppose un confinement de sept semaines, là encore aussi restrictif qu’en novembre, et qui conduirait l'économie à se contracter de 1 %.
Mais qu’en serait-il dans le cas d’un confinement semblable à celui du printemps dernier qui avait conduit la France dans les abysses ? L'institut statistique s’est refusé à faire des estimations. "Nous n’avons pas fait ce chiffrage car il nous semble que s’il devait y avoir un reconfinement, éventuellement plus dur qu’en novembre, il n’aurait pas le même impact que celui de mars-avril-mai 2020", explique Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l’Insee. Une baisse d'un tiers de l'activité comme ce que l'on a connu au printemps 2020 est ainsi peu probable selon ce dernier. "Aujourd'hui, la situation est assez différente, il y a eu énormément d'apprentissage, d'adaptation, de la part des ménages et des entreprises. Les protocoles sanitaires sont davantage rodés qu'auparavant. Il nous semble donc que l'impact serait moindre", décrypte Julien Pouget.
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