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Pas d'accélération de la croissance au dernier trimestre
L’Allemagne n’est pas le seul pays à avoir souffert du changement de normes européennes pour les tests automobiles cet automne. La France a ainsi dévoilé vendredi une baisse de sa production industrielle de 1,8 %, pour le mois de septembre, dont un recul de 6,3 % dans le seul secteur manufacturier, plombé par les retards de production dans l’industrie automobile, dus aux nouveaux standards d’émission de CO2. Ce matin encore, l’enquête de conjoncture dévoilée par la Banque de France met en évidence une baisse du climat des affaires dans l’industrie : celui-ci a diminué d'un point en octobre à 103, tandis que celui du secteur des services est resté stable à 102 et que celui du bâtiment a progressé d'un point, à 106. Dans l’industrie, la BdF cite elle aussi l’atonie de l’automobile pour expliquer le ralentissement de la production. "Dernièrement, le sentiment général était morose dans l’industrie et la construction résidentielle", rappelle Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo. Certes les chefs d’entreprise du secteur industriel interrogés estiment que leur production devrait se reprendre en novembre. Mais en moyenne, les dirigeants - tous secteurs confondus - tablent au contraire sur une croissance moins forte de l’activité ce mois-ci.
Du coup, selon la BdF, qui a également publié ce matin sa première estimation de PIB pour le quatrième trimestre, celui-ci devrait progresser de 0,4 % seulement, soit le même niveau qu’au dernier trimestre, et après six premiers mois atones, où la croissance n’avait atteint que 0,2 % sur chacun des premiers trimestres. Tout comme la BdF, l’INSEE mise sur une progression de 0,4 % sur le dernier trimestre de cette année. Mais les équipes d’Oddo, de même que le consensus tablaient plutôt sur une progression de 0,5 % entre octobre et fin décembre.
Certes, la BdF et l'INSEE pourraient revoir à la hausse leur estimation de PIB dans les prochaines semaines, en fonction de l'évolution de la conjoncture. Mais outre l'industrie, qui est plutôt mal orientée, une autre composante de la croissance a également montré des signes de ralentissement au début du quatrième trimestre. L’INSEE a ainsi dévoilé un recul de la consommation des ménages (l’une des composantes essentielles du PIB français) de 1,7 % en septembre. Le chiffre d’octobre sera dévoilé sur le site de l’INSEE le 29 novembre prochain et sera un élément important pour anticiper l’état de la conjoncture française sur l’ensemble du troisième trimestre.
En tout état de cause, cette première estimation de PIB de 0,4 % pour le T4 sera insuffisante pour permettre d’atteindre l’objectif de 1,7 % de croissance visé par le gouvernement pour l’ensemble de cette année. Au 30 septembre, l'acquis de croissance pour 2018 - à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait au cours du dernier trimestre -, se situait à 1,5 %. L'objectif de 1,7 % du gouvernement nécessiterait un PIB en hausse de 0,8 % au dernier trimestre pour être atteint. On est encore loin du compte pour le moment.
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