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Indicateurs macros / INSEE / France / Indice PMI / Markit

Indicateurs macros
INSEE / France / Indice PMI / Markit

France, le rebond de la croissance aura-t-il lieu ?

L'indice PMI s'est redressé à un plus haut de quatre mois en août, mais le climat des affaires de l'INSEE a reculé d'un point, pour atteindre un plus bas depuis avril 2017. Pas de quoi être certain de l'accélération tant attendue de la croissance, après un premier semestre décevant.
Montmartre - Paris - France
Montmartre - Paris - France

L'accélération tant attendue de la croissance française au second semestre va-t-elle se concrétiser ? Après un premier et deuxième trimestre décevants (le PIB a progressé de 0,2% sur le T1 puis sur le T2), les premières enquêtes de confiance pour la seconde partie d'année sont donc surveillées comme le lait sur le feu par les prévisionistes et les autorités publiques, afin de tenter d'anticiper l'évolution de la conjoncture. Or Markit et l'INSEE ont dévoilé ce matin des indices donnant un son de cloche assez différent concernant le moral des entreprises. 

Ainsi IHS Markit a publié ce matin un indice situé à 55,1, au plus haut depuis quatre mois, signalant une accélération de l'activité globale au plus fort de l'été. Et l'amélioration concerne tous les secteurs, l'indice des services de la production manufacturière et de l'industrie ayant respectivement atteint un plus haut de 4,2 et 3 mois. 

Selon les entreprises interrogées, ce regain de croissance résulte notamment de la solidité de la demande intérieure ainsi que de la reprise des exportations. Autre bonne nouvelle de l'enquête, les entreprises continuent de créer des emplois, et à un rythme élevé, afin de répondre à la hausse des besoins en production. Seul point noir du tableau, les tensions inflationnistes créées par la hausse des produits pétroliers, en particulier dans le secteur manufacturier, qui ont conduit les entreprises du secteur à revoir à la baisse leurs perspectives d'activité pour les 12 prochains mois, atteignant même un point bas depuis novembre 2016. 

Hasard de calendrier, l'INSEE a également publié ce matin son indice mensuel du climat des affaires. Et le résultat est nettement moins encourageant : l'indice a reculé d'un point, à 105 et retrouvé son niveau d'avril 2017, alors que le consensus tablait sur une hausse, autour de 107. Dans le détail, c'est surtout les résultats dans le bâtiment et le commerce de détail qui ont plombé l'indice global, puisque les indicateurs dans ces deux secteurs ont respectivement diminué d'un et trois points.

Il n'en reste pas moins que cette enquête de l'INSEE appelle à la prudence quant à l'accélération de la croissance au troisième trimestre, annoncée par le gouvernement. "Les chiffres d'aujourd'hui dépeignent une situation assez inconfortable pour l'économie française. D'autant que jusqu'à présent, l'activité des entreprises a été décisive pour faire repartir la conjoncture, l'investissement ayant davantage contribué à la croissance que la consommation des ménages ces derniers mois", explique ainsi Olivier Vigna, économiste chez HSBC. "La principale question sera de savoir si l'investissement (plutôt bien orienté selon l'enquête PMI), permettra de compenser le ralentissement de la consommation et du commerce extérieur", poursuit l'économiste. 

Le gouvernement doit en tout cas être inquiet, lui qui, dans le programme de stabilité remis à la Commission en avril dernier, tablait sur un objectif de croissance de 2% sur l'année. Or au 30 juin, l'acquis de croissance pour 2018, à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait au cours des deux prochains trimestres, se situait à 1,3% seulement. Prudent, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé début août que le gouvernement reverrait sa prévision de croissance cet automne. L'Insee table pour sa part sur une croissance limitée à 1,7%, selon sa première prévision publiée en juin. Une estimation qui parait plus sage au vu des premières enquêtes de confiance du second semestre. 

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