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Macro-économie / Taux / Guerre commerciale / Indice PMI

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Guerre commerciale / Indice PMI

Les chiffres en trompe-l’œil de l'industrie chinoise

La Chine a publié ce matin un indice PMI supérieur à 50 pour la première fois depuis sept mois. Il ne faudrait toutefois pas se laisser berner par ce chiffre meilleur que prévu et en conclure à la fin du ralentissement chinois. Explications.
Chine industrie
Chine industrie

Est-ce la fin du ralentissement chinois ? Le bon chiffre de l'industrie manufacturière publié ce matin par le bureau national des statistiques du pays, dans un contexte d'apaisement des relations commerciales pourrait laisser le croire, alors que l'indice PMI est repassé au-dessus du seuil des 50, qui marque la limite entre contraction et expansion de l'activité. Pour la première fois depuis sept mois, l'indice a ainsi atteint 50,2 en novembre, contre 49,3 en octobre et alors que le consensus tablait plutôt sur 49,5.

C'est la demande intérieure qui a principalement tiré l'indice vers le haut le mois dernier, puisque celle-ci a atteint 51,3 alors que les commandes à l'exportation ont continué de reculer, la composante de l'indice ayant atteint 48,8. L'activité dans les services a également repris quelques couleurs, l'indice ayant atteint 54,4, contre 52,8 en octobre, lorsqu'il avait touché un point bas depuis février 2016. Mais cette accélération de la demande intérieure, bienvenue dans un contexte général de ralentissement économique du pays, résulte en réalité de la politique de relance menée par les gouvernements locaux, à la demande du pouvoir central : Pékin a ainsi émis pour 1.000 milliards de yuans d'obligations à destination des provinces, leur sommant d'investir massivement dans les infrastructures.

Certes, l'apaisement des relations entre la Chine et les États-Unis, qui se sont entendus sur la première phase d'un accord commercial est encourageant et laisse espérer le début d'une reprise des exportations chinoises à l'international. Mais, une nouvelle hausse des tarifs douaniers est censée s'appliquer sur 156 milliards de dollars de produits chinois, à partir du 15 décembre prochain. Et malgré les discussions, aucune date de potentiel report n'a pour l'instant filtré.

"Les droits de douane sur les importations américaines en provenance de Chine sont encore beaucoup plus élevés qu'avant le début de la guerre commerciale. Ainsi, les tarifs douaniers moyens américains sur les importations en provenance de Chine sont passés de 3% début de 2018 à 21% aujourd'hui. Même une réduction complète des droits de douane en septembre prochain ne ramènerait le taux qu'à 18 %", explique pour sa part Neil Shearing, économiste en chef chez Capital Economics. Le fait que les deux pays aient d'ailleurs dû recourir à des négociations en plusieurs phases, la numéro une n'étant toujours pas achevée, montre également que Pékin et Washington ont préféré décaler le traitement de questions plus fondamentales telles que le transfert de technologies, la stratégie industrielle ou la sécurité. "La guerre commerciale n'est pas terminée, elle ne fait que s'éloigner de l'étroite focalisation sur les tarifs douaniers pour se concentrer sur des questions plus larges concernant la technologie, l'investissement, la stratégie industrielle et la sécurité", explique encore Neil Sharing. Enfin, la décision de Pekin ce matin de suspendre immédiatement les escales de récupération de navires de guerre américains à Hong Kong et de mettre en place des sanctions contre plusieurs organisations non-gouvernementales américaines, en raison du soutien américain aux manifestations pro-démocratie à Hong-Kong montrent que les relations pourraient de nouveau rapidement se détériorer entre les deux pays.

Dans ces conditions, l'économie chinoise, qui progressera de 6,2% seulement cette année, devrait continuer de ralentir en 2020, et croître autour de 5,9%, selon le consensus des analystes. Car malgré une potentielle amélioration du commerce mondial, et le plan de soutien relatif de l'État, le pouvoir central continuera de veiller à contrôler et encadrer le crédit afin de lutter contre l'endettement massif du pays. Une politique de maîtrise des emprunts nécessaire au rééquilibrage de l'économie chinoise, mais qui à court terme continuera de peser sur l'investissement immobilier et l'investissement dans les infrastructures. Des problématiques de politique intérieure, indépendantes de l'évolution des relations entre la Chine et les États-Unis donc.

 

 

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