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Zone euro / Markit
Zone euro : ne nous réjouissons pas trop vite
Tandis que certains pays de la zone euro comme la France desserrent les mesures de restriction quand d’autres ont annoncé un sévère durcissement de ces dernières, l'activité du secteur privé des Dix-neuf en décembre a dépassé les attentes. D’après les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle réalisée par IHS Markit auprès des directeurs d'achat (PMI), l’activité économique privée est toujours en contraction en décembre, cependant elle a connu un rebond significatif depuis le mois dernier
L'indice composite, qui combine l'activité manufacturière et celle des services a bondi à 49,8 contre 45,3 en novembre, soit largement supérieur au consensus de 45,8. L'indice des services a grimpé à 47,3 contre 41,7 le mois dernier et un consensus Reuters de 41,9. Moins affectée que les services par les mesures de restriction, la croissance du secteur manufacturier s'est confirmée avec un indice à 55,5 contre 53,8 en novembre. À noter que c’est au niveau des exportations que les différences entre les carnets de commandes des deux secteurs étudiés ont été les plus marquées, rapporte l'enquête. En effet, les ventes à l’export du secteur manufacturier ont enregistré leur deuxième plus forte hausse depuis près de trois ans (juste derrière le pic d’octobre), tandis que la forte baisse des nouvelles affaires en provenance du reste du monde s'est confirmée dans le secteur des services.
Globalement, selon Chris Williamson, économiste d'IHS Markit, "les données suggèrent que l'économie est en train de se stabiliser après un net recul en novembre dû aux nouvelles mesures de confinement". Si bien que, "le repli au quatrième trimestre paraît en conséquence bien moins brutal que celui observé plus tôt dans l'année en raison du choc provoqué par la pandémie", ajoute-t-il.
Attention toutefois, l’enquête a été menée entre le 4 et le 15 décembre, elle n’est donc pas à même de capturer suffisamment le reconfinement outre-Rhin, entre autres, qui risque de peser lourd compte tenu du poids de l’Allemagne dans l’économie de la zone euro (28,9 %). Aussi, "comme l'Allemagne impose désormais des mesures plus strictes, le tableau d'ensemble est que l'activité des services dans la zone euro restera faible pendant un certain temps encore, ce qui freinera la reprise économique", alerte Jessica Hinds, économiste chez Capital Economics. Il faudra attendre la fin décembre pour connaître le résultat définitif des enquêtes d'IHS Markit. Il ne fait guère de doute qu'elles devraient être moins rassurantes que les résultats préliminaires.
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