Macro-économie / Taux / incice PMI / Mario Draghi / BCE / Zone euro
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incice PMI / Mario Draghi / BCE / Zone euro
Le repli de l'indice PMI ne découragera pas Mario Draghi
A deux jours de la dernière réunion de politique monétaire de l'été, les indicateurs avancés dévoilés ce matin par Markit IHS devraient conforter la décision de Mario Draghi de réduire la voilure très progressivement seulement. Ainsi, l'indice PMI de la production globale pour la zone euro a légèrement reculé pour le mois de juillet, passant de 54,9 à 54,3, soit une baisse un peu plus importante que ce que prévoyait le consensus. Un recul principalement dû à celui du secteur des services, la composante manufacturière n'ayant pas évolué depuis le mois de juin.
L'enseignement le plus inquiétant de cette enquête est le recul des nouvelles commandes, qui ont atteint un plus bas depuis 2016. Ce qui laisse présager d'une nouvelle baisse de la production dans les mois à venir, déplore Peter Vanden Houte, chef économiste chez ING. "Les frictions commerciales se font déjà sentir, les nouvelles commandes à l'exportation dans le secteur manufacturier ayant enregistré la plus faible hausse mensuelle depuis août 2016", explique ainsi l'analyste.
Un constat que l'enquête IHS Markit réalisée auprès des producteurs français permet de confirmer : les fabricants de l'Hexagone interrogés ont ainsi affirmé que leurs ventes à l'export avaient reculé pour la première fois en deux ans, conséquence directe selon eux des tensions commerciales entraînées par la bataille des tarifs douaniers initiée par le Président américain. Même constat pour l'indice de confiance de l'INSEE publié ce matin aussi, qui souligne une dégradation des carnets de commandes globaux à l'étranger, même si l'institut rappelle qu'ils avaient atteint des niveaux inédits en début d'année.
Mise à part cette détérioration de la composante carnets de commandes extérieures, l'enquête IHS zone euro demeure plutôt de bonne facture, avec un indice global bien au-dessus de sa moyenne de long terme. Selon les équipes de Capital Economics, les résultats de l'enquête de ce matin restent donc cohérents avec une croissance de 0,4% au troisième trimestre de cette année, et qui devraient permettre à la zone euro d'atteindre une croissance de 2,2% sur l'année.
Il est donc peu probable que les données légèrement décevantes publiées ce matin dissuadent Mario Draghi de normaliser sa politique monétaire, alors que le président de la BCE a annoncé en juin dernier qu'il stopperait les achats de titres en décembre prochain. De nombreux éléments pourraient cependant peser sur la confiance des entreprises et obscurcir le tableau économique de la zone euro dans les prochains mois, tempère Peter Vanden houte d'ING. A commencer par un enlisement du conflit commercial, mais aussi des négociations sur le Brexit, qui, à neuf mois de la date butoir, sont toujours au point mort... Mais si la croissance se détériore plus que prévu en zone euro, le président de la BCE s'est gardé des marges de manoeuvre : les taux directeurs devraient ainsi être maintenus à leurs niveaux actuels jusque l'été 2019 au moins... Draghi pourrait encore décaler le premier resserrement si la conjoncture est trop mauvaise.
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