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Politique économique / Déficit / croissance / INSEE

Politique économique
Déficit / croissance / INSEE

Le ciel s'éclaircit pour la conjoncture française

L'INSEE a revu à la hausse sa prévision de croissance pour 2018 tandis que le déficit a finalement atteint 2,5 % l'an dernier, en dessous des 2,7 % anticipés par le gouvernement. Mais la Banque de France a averti il y a quelques semaines qu'il refranchirait le seuil des 3 % dès cette année.
Paris - France - Tour Eiffel
Paris - France - Tour Eiffel

La France est peut-être le pays de la zone euro qui s'en tirera le mieux cette année, si l'on en croit les enquêtes de confiance et les statistiques publiées depuis janvier (hormis l'indice PMI dévoilé vendredi qui n'était pas très bon). Elle devrait même surperformer l'Allemagne puisque les autorités n'anticipent désormais plus que 0,8 % de croissance pour 2019. La France elle, devrait plutôt performer à hauteur de 1,3 % /1,4 % selon les estimations des principales institutions.

Ce matin encore l'INSEE a publié un indice du climat des affaires en légère hausse sur le mois de mars, la troisième consécutive après son recul continu sur l'année 2018. L'indicateur a ainsi atteint 104, en hausse d'un point en moyenne par rapport à février, même si cette amélioration ne concerne pas tous les secteurs : l'indice a cédé un point dans l'industrie manufacturière, à 102, un niveau qui reste toutefois supérieur à sa moyenne de long terme. Et les industriels interrogés se sont déclarés optimistes vis-à-vis de leurs perspectives de production personnelles et des perspectives générales du secteur, ce qui est plutôt de bon augure pour le reste de l'année.

Surtout, l'institut de la statistique a revu à la hausse son chiffre de croissance pour l'an dernier à 1,6 % contre 1,5 % précédemment anticipé, comme l'a annoncé le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin ce matin sur RTL, sans même attendre que l'INSEE ne publie ses données. Autre bonne nouvelle pour l'Hexagone ce matin, le chiffre du déficit est finalement inférieur à ce que prévoyait le gouvernement : il a atteint 2,5 % du PIB l'an dernier, soit 59,6 milliards d'euros selon les données de l'INSEE. Un niveau inférieur aux 2,8 % de 2017 et à la prévision du gouvernement, qui tablait sur 2,7 % du PIB pour 2018, craignant que la crise des gilets jaunes n'ait impacté les rentrées de TVA. Le gouvernement a finalement bénéficié de bonnes rentrées fiscales, et notamment celles générées par l'impôt sur les sociétés et d'une meilleure maîtrise des dépenses des collectivités locales. Il s'agit donc de la seconde année où le déficit de l'État reste sous la barre des 3 %, ce qui n'était pas arrivé depuis plus de dix ans (en 2006 et 2007). Une maîtrise de la dépense qui a permis une baisse des prélèvements obligatoires de 0,2 point de PIB selon l'INSEE et une stabilisation de la dette publique à 98,4 % du PIB.

Bercy s'est naturellement félicité de cette amélioration des comptes publics français, dans un communiqué publié suite aux chiffres dévoilés par l'INSEE : "Pour la première fois depuis plus de 10 ans, nous avons réussi à la fois à baisser les prélèvements obligatoires, à baisser les dépenses publiques, à baisser le déficit public et à stabiliser la dette publique", ont ainsi déclaré Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. Il ne faudrait pas se réjouir trop vite cependant : dans sa dernière note de conjoncture de mi-mars, la Banque de France a ainsi averti le gouvernement. Le déficit devrait passer de 2,5 % du PIB en 2018 à 3,2 % cette année. À la fois en raison de l'impact des mesures économiques et sociales d’urgence décidées en fin d'année dernière dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes, qui s'élèveront à 9 milliards d'euros, et de la transformation du CICE en baisse pérenne de cotisations patronales. Le franchissement du seuil des 3 % sera temporaire a concédé la BdF, à condition que les autorités maintiennent leurs efforts de réduction des dépenses : "Le déficit public devra ensuite être significativement réduit d'ici 2021, en tirant parti de la croissance économique, à un rythme qui dépendra toutefois de l'effort de stabilisation des dépenses publiques." À charge donc pour l'exécutif de rationaliser suffisamment ses dépenses. Sans quoi le ratio de dette de l'Hexagone, qui dépassera les 100 % du PIB cette année, continuera de progresser : "Sa stabilisation puis sa réduction, au-delà de 2019, exigent de poursuivre la diminution du déficit public primaire", a martelé la Banque de France.

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