À Wall Street, les magnats des médias règnent en maîtres
Si l'année 2018 n'a pas été de tout repos pour les grandes sociétés américaines de médias - pointées du doigt pour leurs pratiques commerciales, leur gestion des données, ou parce qu'elles étaient engluées dans des questions de concurrence -, elle a été en revanche rémunératrice. Le sous-indice communications et services du S&P 500 affiche en effet une rémunération médiane de ses dirigeants de 22,6 millions de dollars pour l'année passée, en hausse de 4,4 % d'après les calculs du Wall Street Journal qui a analysé les chiffres du spécialiste des données MyLogIQ. C'est la rémunération médiane la plus élevée de tous les secteurs de l'indice new-yorkais et de loin, car elle est supérieure de 10 millions de dollars au salaire médian des patrons du S&P 500.
En tête des PDG de médias les mieux payés figure David Zaslav, le patron des chaînes de télévision Discovery. C'est l'une des plus petites entreprises du secteur mais son patron va percevoir 129,4 millions de dollars au titre de 2018, contre 42,2 millions en 2017. Alors certes, une bonne partie de sa rémunération se compose d'actions de performance sur cinq ans, plutôt risquées, mais la hausse est spectaculaire surtout eu égard aux performances du titre qui rapporte 10,6 % à ses actionnaires sur l'année. Plus largement, les titres du sous-indice communications et services affichent un rendement médian de 3,9 %, alors que l'ensemble du S&P 500 est en négatif à -5,8 %.
Le deuxième patron le mieux payé est Robert Iger, de Disney, avec 65,6 millions de dollars. Une rémunération alimentée par le succès de blockbuster tels qu'Avengers ou Black Panthers et qui ont permis au titre Disney d'offrir un rendement de 20,4 %. Le patron de Netflix Reed Hastings complète ensuite le podium avec 36,1 millions en phase avec le rendement de 39,4 % du titre - le deuxième meilleur rendement du secteur.
Autre profil, celui du patron d'AT&T, Randall Stephenson a touché 29,1 millions de dollars, tandis que le rendement du titre ressortait à -22 %. Il profite de la décision d'un juge fédéral qui a accepté le rachat de Time Warner par AT&T sans exiger de cessions d'actifs comme l'avait préalablement demandé le Département de la Justice. L'écart de performance le plus criant porte sur Facebook. Le rendement du titre a chuté de 25,7 % - le pire du secteur - mais l'enveloppe octroyée à Mark Zuckerberg a plus que doublé à 22,6 millions. Pas en salaire, puisqu'il ne se rémunère qu'un dollar, mais en dépenses de sécurité pour lui et sa famille. À l’inverse, certains ont vu leur rémunération baisser. La plus forte baisse concerne Stephen Kaufer, le patron de TripAdvisor. Il avait touché en 2017 un package de près de 48 millions et ne touchera que 2 millions pour 2018.
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