Rémunérations : vers une année faste pour les patrons du S&P 500
Malgré des marchés turbulents en fin d’année, les patrons des grandes entreprises américaines n’ont pas été lésés en 2018. Selon le Wall Street Journal, 132 directeurs généraux du S&P 500 ont touché une rémunération médiane de 12,4 millions de dollars. Un chiffre en hausse par rapport à 2017, où le même groupe de dirigeants avait empoché 11,7 millions de dollars. Il y a deux ans, la médiane pour tous les CEO du S&P 500 s’établissait à 12,1 millions de dollars.
"J’ai l’impression qu’ils savent que c’est une bonne période, qu’ils peuvent la justifier (la rémunération, N.D.L.R.) par la performance et qu’ils savent qu’ils devront la réduire une fois la floraison terminée", a commenté auprès du média américain Robin Ferracone, fondateur de Farient Advisors. Si la tendance se confirme pour le reste du S&P 500, alors 2018 sera la troisième année consécutive de hausse des packages. En revanche, contrairement aux deux années précédentes, l’augmentation des rémunérations des patrons a été supérieure aux performances pour les actionnaires.
Comme chaque année, la photo n’est pas lisse ; des patrons ayant enregistré des bonds ou des baisses importantes. L’homme fort de Walt Disney, Robert Iger, fait partie des grands gagnants. Il a empoché 66 millions de dollars en 2018. Soit une hausse notable par rapport à ses 36 millions en 2017, notamment dopée par une attribution spéciale d’actions dans le cadre de la prolongation de son contrat. Toutefois, les actionnaires ne sont pas forcément enjoués face aux montants. Lors de l’assemblée générale de Disney, ils n’ont validé le package 2019 qu’à hauteur de 57 %. Et l’avaient rejeté l’an passé.
D’autres dirigeants ont également touché le pactole en 2018. C’est le cas du directeur général de Jefferies Financial Group, Richard Handler, dont la rémunération totale a atteint 44,7 millions de dollars (plus du double de l’an passé), dont 26 millions de titres qui ne seront débloqués qu’en fonction de ses performances futures. Stephen MacMillan d’Hologic, et ses 42 millions (dont 30 millions d’actions spéciales), a pour sa part vu ses émoluments presque quadrupler.
Les augmentations sont-elles corrélées aux performances boursières ? Oui, dans le cas de Disney (+20 %) et d’Hologic (12 %). Non, dans celui de Jefferies (-15 %). Plus globalement, la médiane des rendements pour les actionnaires, dont les entreprises sont dirigées par les 132 CEO, s’est établie à 2,9 %. En tout, un tiers ont affiché des rendements négatifs de 10 % ou plus. À titre de comparaison, les médianes pour 2017 et 2016 étaient respectivement de 21 % et 16 %.
À l’inverse, certains patrons ont essuyé des baisses. Hock Tan, qui faisait partie des patrons les mieux payés en 2017, a touché 5 millions de dollars en 2018, contre 103 millions précédemment. Il faut dire que le cours de Broadcom a été secoué. Le dirigeant avait par ailleurs bénéficié l’an passé d’actions, dont les droits sont acquis sur quatre ans.
Le Wall Street Journal rappelle que les rémunérations en equity reflètent généralement les performances de l’année précédente. Ce qui n’est pas le cas des bonus en cash, corrélés aux réussites de l’année concernée, soit en l’occurrence 2018. Or une grande partie des augmentations de l’an dernier serait le fait de titres et non de variables en cash.
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