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Politique économique / Etats-Unis / Chine / tarif douanier / Entreprise / S&P 500

Politique économique
Etats-Unis / Chine / tarif douanier / Entreprise / S&P 500

Tarifs : après le dérapage, les entreprises US affûtent leurs armes

Les négociations reprennent à Washington aujourd’hui, après ce qui semble avoir été une erreur grossière d’analyse de la part des Chinois. Mais la plupart des entreprises américaines ont annoncé avoir pris des mesures pour anticiper les hausses de coûts attendues.
Chine
Chine

Déjà bien occupé par sa bataille contre les démocrates concernant la publication du rapport Mueller ou de ses déclarations fiscales, Donald Trump continue tout de même à alimenter à coups de tweets les tensions commerciales avec la Chine. Hier matin, le Président américain a mis en avant les tarifs douaniers, soit "plus de 100 milliards de dollars par an qui entrent dans les coffres US", de quoi stabiliser les marchés qui avaient sévèrement dévissé mardi. Avant d’ajouter que grâce aux tarifs, "l’économie a crû plus rapidement aux États-Unis, et bien plus lentement en Chine", puis lors d’un meeting en Floride hier soir, d’estimer que les Chinois avaient "cassé le deal" en changeant de position.

Pour rappel, la Chine a provoqué l’ire de Washington en refusant finalement d’indiquer les changements législatifs qu’elle allait mettre en œuvre pour appliquer l’accord commercial. Pourquoi un tel changement de braquet de la part de l’Empire du Milieu ? Selon le Wall Street Journal, les Chinois ont interprété les récents propos de Donald Trump comme la volonté de faire des concessions. Il a ainsi salué la décision chinoise d’acheter plus de soja américain, a mentionné son amitié avec le président chinois Xi Jinping et appelé à plusieurs reprises la Fed à baisser ses taux, comme cela est le cas actuellement dans l’Empire du Milieu. Les Chinois ont vu cette position comme une inquiétude sur l’orientation de la croissance américaine, et un possible levier pour eux. Mais il n’en est rien puisque les derniers chiffres de la croissance US (3,2 % au premier trimestre) et du taux de chômage (3,6 % en avril) sont très favorables au Président américain.

Dans ce contexte et même si le vice-Premier ministre chinois Liu He a confirmé sa venue à Washington et prévu un dîner avec les hauts responsables américains ce soir, l’administration Trump a officialisé la hausse de tarifs de 10 à 25 % sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises dans une notification publique dès mercredi. Mais alors que cette hausse avait déjà été reportée deux fois par le gouvernement US, les entreprises américaines semblent, pour la plupart d’entre elles, déjà préparées à ce scénario du pire. Selon le Wall Street Journal, 18 des 30 sociétés du S&P 500 qui ont envisagé une hausse des tarifs douaniers dans leurs conférences téléphoniques trimestrielles, ont indiqué les avoir pris en compte dans leurs projections annuelles. Elles vont des hausses de prix, à la diversification de leur supply-chain ou encore l’augmentation de leurs stocks.

Si la plupart des entreprises s’attendaient à un accord commercial dès cette semaine, elles restent optimistes sur leur capacité à assumer les coûts et sur l’issue des discussions. Mais ces tarifs heurtent surtout les sociétés qui produisent aux US contrairement à celles qui, comme Honda et Bombardier, construisent au Mexique et au Japon et font importer leurs appareils en duty-free. Ce qui apparaît totalement contre-productif par rapport à la politique "America First" que mène Donald Trump depuis le début de son mandat.

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