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Sur les marchés / S&P 500 / Chine / Donald Trump
Marchés : la difficile tâche des projections 2019
Une fois de plus, Jerome Powell aura réussi à faire taire tous ses critiques. Le président de la Fed, accusé par ses détracteurs d’être sur une trajectoire de normalisation monétaire et d’être hermétique aux signaux d’alarme des marchés, a envoyé le bon message vendredi, capable de rassurer et même d’euphoriser les investisseurs. Tout en gardant son cap, il a jugé que la faible inflation pouvait l’inciter à ralentir le rythme de hausse des taux. Cette communication est tombée le jour où l’on apprenait que l’économie américaine avait créé un nombre record de 312.000 emplois, ce qui a permis de réchauffer enfin le cœur de marchés désœuvrés.
Reste que ce jour de répit n’a pas suffi à effacer deux mois d’errance pour les marchés américains. La crise de confiance est profonde sur la durée de l’expansion économique, surtout depuis qu’Apple a annoncé avoir vendu moins d’iPhones que prévu en Chine en fin d’année. De là à imaginer que nombre de fleurons américains seront bientôt pénalisés par les tensions commerciales en cours avec la Chine, il n’y a qu’un pas, que des investisseurs anxieux sont prêts à franchir. Le S&P 500 reste en baisse de plus de 10 % par rapport à septembre, si bien que les projections 2019 des grandes banques de la place semblent aujourd’hui très ambitieuses.
Dans ce contexte, plusieurs d’entre elles ont décidé de revoir à la baisse leurs prévisions. Le stratégiste en chef de Citigroup a ramené son objectif pour le S&P 500 de 3.100 à 2.850 points fin 2019, tandis que BMO Capital Markets le projette à 3.000 points (contre 3.150), et Crédit Suisse à 2.925 points (contre 3.350). Une chose est sûre, dans cet environnement de grande agitation, les investisseurs seront à l’affût de tout type de baromètre sur l’état de l’économie américaine comme l’indice des prix à la consommation vendredi, ou encore les taux des prochaines adjudications de Treasuries américaines, alors que les besoins de financement de l’administration Trump ont décuplé pour financer la coûteuse réforme fiscale.
Enfin, tous les experts scruteront de près l’avancée des négociations sino-américaines qui seront cruciales pour l’orientation des marchés en 2019. De ce point de vue Donald Trump, qui s’est jusqu’à présent attribué les mérites du rallye boursier après son élection, pourrait selon certains, décider d’adoucir le ton afin d’éviter de provoquer une correction. Quitte à se contenter de concessions mineures ou de simples déclarations d’intentions des Chinois, pour annoncer officiellement un accord.
En attendant, les marchés présentent déjà un point d’entrée très attractif selon Blackstone. "C’est une opportunité d’achat. Nous voyons le S&P 500 gagner 15 % en 2019. Nous ne sommes pas dans un environnement récessif", a déclaré Joseph Zidle, stratégiste investissement chez Blackstone. Ce dernier fait valoir que les États-Unis comme la Chine ont intérêt à parvenir à un accord et que les deux camps pourraient l’annoncer dès le premier trimestre.
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