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Politique économique / tarif douanier / Donald Trump / Chine

Politique économique
tarif douanier / Donald Trump / Chine

Guerre commerciale : un cessez-le-feu pour la forme?

Alors que les pays du G20 attendaient un Donald Trump combatif en Argentine, ce dernier a été plus en retrait et a noué un accord avec la Chine. Un soulagement pour tous, mais qui ne règle en rien les conflits existants, pour le moment.
Chine
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Donald Trump, qui s’est longtemps attribué les lauriers du rallye boursier, a-t-il voulu leur redonner un coup de pouce ? Alors que les experts du monde entier craignaient ses diatribes habituelles sur le mauvais traitement commercial des États-Unis et la nécessité du protectionnisme, ce dernier s’est montré plus en retrait. Le dîner le plus attendu du week-end a même débouché sur un accord avec le Président chinois Xi Jinping, et une trêve provisoire dans la guerre commerciale. Dans les faits, les États-Unis ont accepté de suspendre provisoirement l’augmentation des tarifs douaniers de 10% à 25% sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, prévue le 1er janvier 2019. Tandis que l’Empire du milieu s’est engagé en contrepartie à une augmentation de ses achats de produits américains, ceux qu’il avait ciblés lorsque la situation s’était envenimée. Mais l’accord prévoit aussi une période de trois mois pour régler leurs conflits latents, à savoir le transfert de technologie des entreprises US en Chine, le renforcement de la protection sur la propriété intellectuelle américaine, les barrières non douanières chinoises envers les acteurs américains ou encore le cyber-espionnage.

"C’est un deal incroyable. La Chine va s’ouvrir. La Chine va se débarrasser des tarifs", s’est félicité Donald Trump à bord d’Air Force One, sur le chemin du retour. Contrairement à d’autres sommets dans le passé, le Président américain s’est montré en Argentine moins virulent, a annulé sa conférence de presse en raison de la mort de l’ex-Président George Bush senior, mais aussi ses entrevues avec le Président russe Vladimir Poutine et le Prince saoudien, Mohammed Ben-Salman. Les États-Unis ont même signé le communiqué de presse des 20 nations où est fait mention de l’accord de Paris sur le climat, même s’ils ont confirmé vouloir en sortir.

Malgré tout, le cessez-le-feu chinois ne doit tromper personne : Donald Trump est coutumier de ce genre d’effet d’annonce, même s’il n’a pas forcément de substance et ne sera pas suivi d’effet, comme cela a été le cas lors de sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen. Par ailleurs, signe que le conflit est encore loin d’être réglé, les chinois n’ont pas acté officiellement cette période ni la date butoir définie par les Américains. Les États-Unis réclament des changements commerciaux profonds qui seront très difficiles à faire accepter au Parti communiste, dont le dogme et les pratiques sont rigoureusement édictés.

Tout dépendra de la propension des conseillers de chaque camp à faire émerger un accord sur la durée. Particulièrement critique envers la Chine, le secrétaire au Commerce extérieur américain, Robert Lightizer, a passé la main à un bras droit, David Malpass, qui devrait continuer à mener les discussions. En face, le vice-Premier ministre chinois, Liu He, pourrait emmener une délégation chinoise de 30 personnes à Washington dans les prochaines semaines. Mais aussi de l’orientation de l’économie US dans les prochains mois, les forçant – ou non – à un deal. "Si l’économie ralentit, il est très improbable que les US remontent leurs tarifs", selon David Dollar, du Brookings Institution China. "Mais si l’économie américaine accélère, et que les négociations sont particulièrement frustrantes, dans 90 jours, nous pourrions aller vers une vraie guerre commerciale".

Quoi qu’il en soit, l’annonce a en tout cas déjà contribué à rassurer les pays asiatiques victimes collatérales de cette guerre commerciale, comme la Corée du Sud et la Malaisie. Mais aussi les marchés, les futures pointant vers une hausse de 1,5% du S&P 500 lundi.

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