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Benoît Coquart : presque un an à la tête de Legrand

Depuis qu'il a pris la direction générale du spécialiste des installations électriques, le comité de direction a évolué à 80 %. Cette semaine, Legrand présente ses innovations à la grand-messe du CES et le DG dévoilera ses premiers résultats annuels le 14 février.
Benoît Coquart - Legrand
Benoît Coquart - Legrand

Benoît Coquart a pris la direction générale de Legrand en février 2018. Comme de nombreux dirigeants du groupe, il a déroulé sa carrière au sein du spécialiste de l'installation électrique. Il forme dorénavant un tandem avec l'ancien PDG, Gilles Schnepp. Ce dernier est à la tête du conseil, et préside par ailleurs la Fieec (Fédération des industries électriques, électroniques et de communication) et la commission Transition écologique et économique du MEDEF. De son côté, Benoît Coquart - qui sait qu'il peut demander conseil à l'ex-homme fort - a bel et bien pris les rênes de Legrand. Il a d'abord pu imprimer sa patte en matière de gouvernance, puisque depuis son arrivée l'équipe de direction a évolué à 80 %.

En effet, le numéro 2 vient de partir à la retraite. Patrice Soudan, qui était en charge des opérations, a été remplacé en début d'année par Antoine Burel. Ce dernier était jusque-là directeur financier, ce qui a entraîné la promotion au poste de CFO de Frank Lemery, qui était jusque-là à la tête de la performance des opérations. Par ailleurs, Xavier Couturier a été remplacé aux RH par une juriste du groupe, Bénédicte Bahier. La quasi-totalité des mouvements opérés l'ont été en interne. Car Legrand utilise deux leviers pour faire évoluer ses équipes : la promotion à l'intérieur du groupe, et celles de personnes ayant intégré le groupe via des acquisitions. La firme a mené environ 165 opérations de ce type depuis ses débuts. 

D'ailleurs, mi-novembre, Legrand a annoncé le rachat de Netatmo, le leader français de la maison intelligente. Le groupe en était déjà actionnaire depuis 2015 et connaissait d'autant plus sa cible qu'ils ont noué des partenariats par le passé, pour développer des solutions de pilotage de la maison connectée. "Sur les acquisitions, nous nous focalisons avant tout sur la qualité de la cible. Notre choix ne se fait pas en fonction des pays. Nous nous concentrons en particulier sur acheter les leaders d'une catégorie bien précise. Nous prenons également en compte le potentiel de croissance et de développement de l'entreprise", explique Benoît Coquart. Legrand ne se donne pas d'objectif d'acquisitions, même si en moyenne le groupe débourse 400 millions d'euros par an. Mais dans le détail, les chiffres peuvent tout à fait varier, comme en 2017 avec le rachat de l'Américain Milestone pour 1,02 milliard d'euros.

Netatmo fait partie des entrées pour développer les objets connectés. Legrand a aussi lancé son programme interne, Eliot, afin de digitaliser des produits en incorporant de plus en plus d'intelligence. Cette semaine se tient le CES (Consumer Electronics Show), la grand-messe électronique de Las Vegas. Legrand présente un assistant vocal, en l'occurrence Amazon Alexa, directement connecté aux interrupteurs. Ainsi, tous les services d’Amazon Alexa sont disponibles dans toute la maison : la commande d’éclairage et des volets roulants, celle du thermostat, la recherche internet, l’écoute de podcasts, etc. En tout, plus d'une centaine de personnes travaillent sur Eliot. Au-delà de la recherche produits, Legrand planche aussi sur la digitalisation de ses points de commerce. Par exemple, outre les sites de ventes, le groupe travaille avec Amazon. Or, pour avoir un ordre d'idée, l'entreprise compte 20.000 produits, avec 170 données associées à chacun d'eux... Le tout, sans parler des évolutions numériques en interne, comme l'usine 4.0. Et ces avancées doivent aller de pair avec la cybersécurité, là encore que ce soit en interne ou en externe.

Mais le marché des produits connectés, si grand soit-il, ne représente "que" 9 % du chiffre d'affaires de Legrand. Benoît Coquart rappelle que le marché sur lequel est établi Legrand pèse 100 milliards d'euros. Les innovations non-numériques, à valeur ajoutée, sont un autre cheval de bataille du DG. Des produits assez "banals" peuvent ainsi être améliorés, comme les conduits flexibles ou les colliers de serrage. Legrand poursuit son internationalisation, en ouvrant chaque année des bureaux à l'étranger ; 1/3 de son CA vient des US, 1/4 des émergents et le reste en Europe occidentale. Benoît Coquart présentera le 14 février ses premiers résultats trimestriels. Et il entend continuer de s'appuyer sur les fondamentaux de Legrand : "L’objectif n’est pas changer les colonnes du temple mais effectuer des ajustements pour, lorsque c’est nécessaire, aller plus vite".

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