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Legrand / Benoît Coquart
Legrand bondit au premier semestre
Legrand affiche des résultats de taille au premier semestre 2021. Entre une croissance organique des ventes de 21,6 % sur un an glissant (pour un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d'euros), un cash-flow libre à 697,8 millions et une dette en baisse de 18,1 % par rapport à fin 2020, l’industriel français semble s’être remis de la pandémie. Les investisseurs sont ravis : le titre Legrand est passé de 92,50 euros à l’ouverture de la Bourse vendredi à 95,14 euros à la clôture.
Benoît Coquart, directeur général, explique la bonne performance de son groupe par une augmentation des ventes dans les domaines du résidentiel, des data centers et des bureaux. Les activités en Europe et dans le reste du monde ont été les principaux moteurs de ce premier semestre, grâce à des croissances respectives de 30,6 % et 31 % par rapport à 2020. La région Amérique du Nord et Centrale progresse de 11,7 %, encore relativement handicapée par un télétravail plus persistant qui limite la demande de rénovation des bureaux. Ce frein devrait se dissiper progressivement au second semestre.
La pénurie de composants électronique et l’inflation sur les matières premières ont constitué deux obstacles à cette croissance. Tandis que l’approvisionnement est sous contrôle, la hausse des prix est plus préoccupante. Après une augmentation de 4 % au premier trimestre, l’inflation redouble est s’inscrit autour de 9 % au deuxième trimestre. Malgré tout, la direction commerciale a réussi à tabler sur une hausse de 1,9 % des prix sur les produits, une décision "assez réfléchie" qui permettra au groupe de garder sa compétitivité à défaut de compenser les pertes.
Même si l’inflation des matières premières est prévue à deux chiffres pour cette fin d’année 2021, il n’est pas prévu d’utiliser l’excédent de cash-flow libre pour combler ces lacunes. Cette marge d’autofinancement est de taille : elle s’élève à 697,8 millions d’euros, représente 20,2 % des ventes et a augmenté de 4,5 points par rapport à 2020. Elle restera consacrée aux dividendes – qui n’ont d’ailleurs jamais baissé en 50 ans – et à la croissance externe.
La publication des résultats était aussi l’occasion de souligner les deux nouvelles acquisitions de Legrand. D’une part, la société finlandaise Ensto Building Systems, nommé aussi le "petit Legrand" par Benoît Coquart, qui offre une ouverture sur le marché scandinave encore sous exploité. D’autre part, l’acteur néerlandais Ecotap ajoute l’expertise sur les bornes de recharges à la palette du leader français. La recherche "très active" combinée à l’absence de cession rend la stratégie de croissance externe du groupe singulière par rapport à ses concurrents.
Autre particularité, après avoir reçu plusieurs prix ce semestre comme la médaille Platinum EcoVadis pour son engagement ESG (environnemental, sociétal, de gouvernance), le groupe envisage de boucler à la fin de l’année sa feuille de route RSE. De nouvelles perspectives pour les années à venir sont "en cours de construction" et "très ambitieuses", annonce Benoît Coquart ; la formalisation est prévue d’ici fin 2021.
Ce qui est certain, c’est que Legrand va continuer à étendre ses gammes dans l’IoT – internet of things ou internet des objets. Ce semestre, ces objets connectés adossés au projet Eliot progressent lentement mais sûrement : leurs ventes représentent 13 % des revenus du groupe, soit 800 millions d’euros.
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