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Renault / Automobile / RCI Banque

Renault pourra remercier la BCE

Le constructeur automobile a plus que doublé l'estimation de sa perte de production liée à la pénurie de semi-conducteurs. Mais il n'a pas modifié ses objectifs financiers, notamment aidé par un carnet de commandes très rempli et le retour des dividendes de sa filiale RCI Banque.
Lucas de Meo, directeur général de Renault
Lucas de Meo, directeur général de Renault

Après les chiffres inquiétants du marché automobile européen plombé par la pénurie de composants électroniques et la flambée de certaines matières premières, la publication des chiffres d’activités de Renault pour le troisième trimestre et les neuf premiers mois était particulièrement attendue.

Les conséquences de cette situation sont importantes : le groupe au losange (propriétaire des marques Renault, Dacia et Alpine) affiche un recul de 13,4% de son chiffre d’affaires entre juillet et septembre, pour tomber à 8,99 milliards d’euros. C’est tout de même légèrement mieux que le consensus, qui s’était établi à 8,88 milliards, et la tendance se compare favorablement à l’évolution des ventes en volumes.

En effet, toujours au troisième trimestre, Renault a vu ses ventes de véhicules neufs chuter de quasiment 600 000 unités, soit plus de 22% par rapport au troisième trimestre de l’année précédente. Ce qui signifie que le constructeur a été capable de jouer sur les prix et les modèles qu’il a choisi de mettre en avant : l’effet prix est en effet positif de 2,9 points de pourcentage et l’effet produit de 1,6 point. C’est une bonne nouvelle, puisque c’est précisément l’objectif de Renault depuis le départ de Carlos Ghosn du groupe en janvier 2019, objectif réaffirmé par son remplaçant Luca de Meo en juillet 2020 : privilégier la marge au volume.

Sans surprise, le déclin subit par Renault (comme par le reste du secteur) est à mettre sur le compte de la pénurie de semi-conducteurs, à une époque où le contenu électronique dans les véhicules n’a cessé de grimper depuis 20 ans et gonflera encore avec la généralisation des motorisations électriques. Cet élément a provoqué une perte de production de 170 000 unités au cours du seul troisième trimestre, après un manque-à-produire de 220 000 unités au premier semestre.

Cette situation et l’absence de perspective d’amélioration conduisent le groupe au losange à augmenter l’estimation de perte de production pour l’année entière : elle passe désormais à 500 000 véhicules, alors que jusqu’ici il estimait pouvoir rattraper une partie des pertes du premier semestre et arriver à 200 000 fin 2021 (estimation communiquée en juillet dernier).

Malgré la dégradation sur le front de la production, Renault a confirmé sa capacité à réaliser une marge opérationnelle de 2,8%, grâce à sa politique de prix, et à atteindre un flux de trésorerie disponible opérationnel positif pour son activité automobile – à l’exclusion des effets du fonds de roulement (qui devrait être fortement négatif étant donné les ruptures provoquées par la pénurie). Une tâche qui paraît impossible à la lumière que ce flux était négatif de 4,5 milliards d’euros en 2020.

Renault compte sur les mesures d’économies qu’il enchaîne depuis plus de deux ans – il s’estime en mesure d’atteindre son objectif de 2 milliards d’euros à la fin de l’année, avec un an d’avance. Il sera en outre considérablement aidé par les 930,6 millions d’euros de dividende que lui versera RCI Banque, son établissement de financement automobile. L’assemblée générale de celui-ci a en effet voté début octobre le versement d’un dividende exceptionnel, après 69 millions d’euros déjà versés au premier semestre. Au total donc, Renault recevra 1 milliard d’euros de sa filiale, dont 500 millions au titre du rattrapage des dividendes non payés en 2020 en raison de la crise sanitaire. Une aubaine rendue possible par la levée, depuis le 30 septembre, des limitations de la Banque centrale européenne concernant la distribution du dividende par les banques – cette recommandation avait été décidée par l’institution européenne l’année dernière, au plus fort de la pandémie.

Pour 2022, le groupe entend toujours profiter de la restauration de son pricing power, tandis qu’il met en avant son carnet de commandes le plus élevé depuis les 15 dernières années, soutenu par les nouveaux modèles Dacia Sandero et Renault Arkana.

Les investisseurs tendent à accorder une certaine confiance aux dirigeants de Renault. Le titre a terminé la séance de vendredi légèrement dans le vert (+0,63% à 31,15 euros).

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