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Le chinois Geely confirme son rôle clé auprès de Renault
Les constructeurs français ont des difficultés en Asie, notamment en Chine, où Renault et Stellantis (qui possède notamment les marques Peugeot, Citroën et DS) ont vu leurs parts de marché fondre comme neige au soleil pour représenter à peine 1% chacun.
C'est pourquoi le partenariat annoncé vendredi avec Zhejiang Geely, premier constructeur privé sur le marché chinois et propriétaire du suédois Volvo Cars, est important pour Renault : les deux constructeurs vont commercialiser des véhicules thermiques et hybrides électriques destinés au continent asiatique. Il concrétise un protocole d'accord signé en août 2021 par les protagonistes
Pour cela, le groupe au losange va utiliser son implantation industrielle internationale, en l'occurrence son usine Renault-Samsung de Busan, en Corée du Sud, et sa marque locale RSM (issue de la volonté du conglomérat Samsung de se lancer dans l'automobile en 1994 en créant Samsung Motors, frappé de plein fouet par la crise économique asiatique et racheté par Renault en 2000).
Selon l'accord, RSM produira des véhicules pour le marché sud-coréen ainsi qu'à l'export. "Les nouveaux véhicules utiliseront l'architecture modulaire compacte (AMC) de Geely Group, reconnue mondialement et conçue par son centre de R&D situé en Suède [hérité de son acquisition de Volvo Cars en 2010] et bénéficieront des technologies avancées de motorisation hybride de Geely Group. Renault et RSM vont associer leur expertise en matière de design et d'expérience client, tout en apportant des technologies innovantes", détaille le communiqué commun.
Même si le constructeur français mentionne qu'il apportera des "technologies innovantes" (sans les nommer), son partenaire chinois maîtrisera le cœur du réacteur - la motorisation électrique. Renault sait concevoir des moteurs électriques, mais l'AMC de Geely est une architecture qui s'adapte tant aux motorisations thermiques que les solutions hybrides légères, hybrides rechargeables et 100% électriques. Une souplesse dont ne dispose pas Renault. A ce jour, le groupe Geely revendique 1,3 million de véhicules vendus reposant sur l'AMC (sous les marques Geely, Volvo, Lynk et Polestar). Geely confirme par cet accord qu'il est de loin l'acteur chinois le plus crédible en termes technologiques comme dans son internationalisation.
L'accord ainsi est la première concrétisation du protocole. Ce dernier prévoit également une collaboration en Chine, mais dont la négociation n'est pas encore conclue. Renault n'est pas en position de force. Il ne peut se passer de l'empire du Milieu, plus gros marché automobile au monde, alors qu'il en est quasiment absent. Et les chiffres commerciaux qu'il a dévoilés la semaine dernière montrent qu'il patine en Corée du Sud : les ventes de RSM se sont effondrées de plus de 36% en 2021.
Peut-on imaginer à terme, si Geely prenait un rôle encore plus central dans le partenariat à mesure qu'il se développe, que le constructeur chinois acquiert une participation dans RSM ? Interrogé, Renault indique qu'une entrée au capital n'est pas évoquée pour le moment.
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