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Macro-économie / Taux / Laref / Medef

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Laref / Medef

Les candidats à l’élection présidentielle passent leur grand oral au Medef

Ce matin, le Medef, en partenariat avec l’Institut de l’Entreprise et la CCI France, recevait les principaux candidats à l’élection présidentielle à la Station F à Paris. Ces derniers ont présenté leurs propositions économiques pour les cinq prochaines années. 
Marine Le Pen et Eric Zemmour - Eric PIERMONT / AFP
Marine Le Pen et Eric Zemmour - Eric PIERMONT / AFP
  • Yannick Jadot et son "pacte de patriotisme écologique

Le premier candidat à l’élection présidentielle à se plier à l’exercice est Yannick Jadot (EELV). Dès les premières minutes de son intervention, le candidat a souligné, sans grande surprise, l’importance de l’économie dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ainsi, le candidat a proposé "un pacte de patriotisme écologique", qui comprendrait "un pacte de compétitivité marié à une transition écologique", avec ce crédo répété à plusieurs reprises : "anticiper coûtera moins cher que réparer". Yannick Jadot a également souhaité une véritable politique industrielle à l’échelle européenne, en proposant un buy european act et un small business act, afin de "favoriser la commande publique", tout en souhaitant la réindustrialisation de notre pays. Il a également souhaité porter le SMIC à 1500 euros net à la fin du quinquennat, ainsi qu’une politique souveraine au niveau européen sur plusieurs sujets, comme le numérique. Yannick Jadot a déclaré également ne pas vouloir toucher aux impôts sur les sociétés. Enfin, s’éloignant un peu des sujets économiques purs, le candidat a conclu en voulant "affronter les défis de l’humanité, avec une société qui a du sens et un projet collectif qui nous dépasse". 

 

  • Fabien Roussel, pour "sortir du système"

Sans grande surprise, le candidat du PCF Fabien Roussel a d’emblée déclaré vouloir "sortir d’un système qui n’est plus tenable socialement et écologiquement". Dans le détail, le candidat, qui a depuis la semaine dernière ses 500 parrainages pour être sur la ligne de départ du premier tour de l’élection présidentielle, souhaite notamment agir au niveau européen, où il pourrait "demander que l’on puisse renégocier les traités de libre-échange et la quasi-totalité des autres traités". Estimant que "le pacte de stabilité est mort par la pandémie", Fabien Roussel souhaite "qu’il soit entièrement réécrit et renégocié". N’oubliant pas le volet écologique, le candidat souhaite "une taxe carbone aux frontières de l’Europe", pour inciter à "une nouvelle organisation du commerce mondial". Le second thème abordé et choisi par le candidat a été la relocalisation de la production : "nous dépensons beaucoup d’argent public pour peu de résultats : ce n’est pas notre conception de l’État stratège. Beaucoup de filières sont parties, d’autres sont fragilisées, comme l’automobile". Une des propositions phares du PCF est la création "d’un pôle public bancaire", qui pourrait être l’actuelle Bpifrance, "actuellement sous-dimensionnée et qui ne prête qu’aux riches". Pour les sociétés, il souhaite un impôt progressif et a affirmé que les TPE ne perdront pas le taux d’impôt sur les sociétés à 15%, tout en mettant en place l’impôt à la source pour les multinationales. L’écologie, aussi, n’a pas été oubliée. Fabien Roussel souhaite "faire baisser la facture énergétique des entreprises (…) pour relever le défi climatique". Pour ce faire, il a aussi plaidé pour un développement du transport ferroviaire, du fret et du fret fluvial. Dernière proposition, et non des moindres, le candidat communiste a exprimé sa volonté de nationaliser l'assureur Axa. 

 

  • Valérie Pécresse veut "dépenser moins et mieux"

La candidate des Républicains a, elle, axé son propos sur la compétitivité : "l’État doit clairement redevenir l’allié des chefs d’entreprise. Il va falloir dépenser moins et travailler plus sur une vie ; tout autre discours est mensonger" a, d’emblée, assumé Valérie Pécresse. La candidate souhaite "dépenser moins et mieux" : "je propose deux fois plus d’économies que de dépenses nouvelles dans mon projet". Elle propose "la mise en place d’une règle d’or de stabilité fiscale, avec dix milliards d’euros de baisse d’impôt de production". Valérie Pécresse a également plaidé pour un choc de simplification administrative : "ça doit être la priorité des politiques publiques : je souhaite un "comité de la hache" auprès du Premier ministre pour supprimer toutes les normes et réduire la taille de tous les codes avec l’aide des parlementaires". Elle souhaite également "rendre l’administration plus facile d’accès, en divisant par deux tous les traitements administratifs".  Se déclarant favorable "à la reconduction des PGE jusqu’à la fin 2022", Valérie Pécresse veut créer, si elle est élue, "un Haut Conseil à la Souveraineté. La concurrence doit être loyale ; il faut parallèlement privilégier la commande locale". La candidate LR veut aussi créer un grand ministère de l’Industrie et de l’Innovation et souhaite un "choc de pouvoir d’achat et d’attractivité du travail"

 

  • Les "Odyssées" d’Anne Hidalgo

La maire de Paris, dont les sondages sont catastrophiques, a proposé aux chefs d’entreprise quatre "odyssées" : Odyssée sur la transition écologique, "en prenant appui sur les énergies renouvelables" ; odyssée sur la question de la santé : "il faut réindustrialiser pour sortir de cette dépendance sur les matériels et les médicaments" ; odyssée des mobilités, affirmant que nous "pouvons être le pays de cette odyssée industrielle dans laquelle toute notre industrie peut aller dans les technologies électriques, hydrogène et ferroviaire, au côté des entreprises, les pouvoirs publics nationaux et régionaux doivent être au RDV pour les infrastructures du pays" ; et enfin l’odyssée numérique, parce que "nous avons besoin de l’infrastructure et du développement de la nouvelle économie, ainsi que d’une politique industrielle et de formation professionnelle", a énuméré la candidate. Anne Hidalgo souhaite également une généralisation à partir du bac de formations par alternance. "Je suis une sociale-démocrate qui cherche l’équilibre", a-t-elle déclaré à de nombreuses reprises. 

 

  • Marine le Pen et "L’État stratège

La candidate du Rassemblement national a plaidé pour un "État stratège" : "favoriser un environnement social, sécuritaire et diplomatique favorable aux entreprises." Investissement – croissance – simplification sont les trois mots avec lesquels Marine Le Pen définit sa politique économique. "Je me refuse d’utiliser "l’argent magique"", a-t-elle déclaré, tout en souhaitant "soutenir les grands groupes dans leur croissance, accompagner les ETI, TPE et PME." Pour la candidate, "l’épargne des Français doit servir en priorité l’économie réelle et les banques doivent accompagner la prospérité nationale." Pour cela, Marine Le Pen compte appliquer une baisse des impôts de production et une relocalisation massive. Elle souhaite aussi "remuscler nos filières d’ingénieurs, avec une amplification de l’apprentissage et de l’alternance." Enfin, Marine Le Pen veut "relancer une politique d’enracinement économique, avec la suppression de la C3S dans les zones de relocalisation." Une autre proposition faite devant les chefs d’entreprise a été la création d’un Fonds Souverain Français (FSF), placé sous l’égide la Caisse des dépôts, pour proposer aux Français de devenir actionnaires de la "maison France." 

 

  • Éric Zemmour et le "système français qui ne facilite pas la tâche"

Enfin, le candidat Reconquête! a, lui aussi, annoncé un ensemble de mesures pour les patrons. Ainsi, Éric Zemmour souhaite "une augmentation de la commande publique européenne sous deux ans", ainsi que "réorienter l’argent du Livret A", notamment pour que l’Agence des participations de l’État "devienne un fonds souverain". Ensuite, le candidat a plaidé pour une lutte contre l’extraterritorialité du droit européen afin de "retrouver notre souveraineté, notamment économique", et souhaite "restaurer la compétitivité de nos entreprises, de la plus petite à la plus grande. Il n’est pas normal que l’Etat taxe les entreprises avant le premier euro de bénéfice", a-t-il déclaré. Parmi les propositions fortes du candidat : la suppression de la C3S, la création d’un Haut-Commissariat à la simplification administrative, ainsi qu’une réindustrialisation massive, pour "une industrie forte dans une France souveraine".

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