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LaREF 2024 : Rodolphe Saadé partage sa vision du pouvoir / « Sky is the limit » si l’on sait s’adapter
Un évènement dans l’évènement. C’est la première fois, ce mardi après-midi, que Rodolphe Saadé, participait à la Rencontre des Entrepreneurs de France (LaREF), organisée par le Medef. Un rendez-vous que le président-directeur général de CMA CGM ne voulait visiblement surtout pas louper. Alors qu’il avait dû annuler quelques heures plus tôt sa participation à une table-ronde sur le thème du "pouvoir des mers", pour des raisons d’agenda, il a tout de même tenu à s’exprimer devant le patronat français, à l’occasion d’une conversation. "Il était important pour moi de m’exprimer librement surtout à un moment où le pays passe par une période compliquée, afin que l’on puisse se rassurer et avoir des perspectives pour l’avenir ", a déclaré Rodolphe Saadé en introduction, faisant part néanmoins de son étonnement au choix de la thématique de LaREF 2024, "pouvoir". "Le pouvoir peut effrayer, cela dépend de ce que l’on en fait. En ce qui me concerne, je pense que le pouvoir n’a de sens que si l’on a une capacité à faire. Nous avons en effet des responsabilités en tant qu’entrepreneur. J’en ai vis-à-vis des 160 000 collaborateurs du groupe, de la société et de l’environnement, c’est pourquoi il faut faire du pouvoir quelque chose de bien ", s’est-il exprimé.
CMA CGM ne s’est faite en un jour
Une humilité qui n’empêche toutefois pas l’ambition. Si CMA CGM est aujourd’hui le 3e armateur mondial dans le transport maritime et le 5e dans le secteur de la logistique, son dirigeant vise encore mieux. "Notre ambition est de devenir numéro un sur le transport maritime ", a-t-il affirmé, citant le proverbe anglais dont il a fait sa devise : "Sky is the limit ". "Etre responsable ne doit pas empêcher d’aller toujours plus loin et plus haut ", a certifié le président-directeur général de CMA CGM, rappelant au passage que son groupe avait vu le jour il y a une quarantaine d’années, dans un 25 m2 et avec seulement 4 collaborateurs. "J’ai conscience que l’on ne devient pas CMA CGM du jour au lendemain. Mais pour y parvenir, il faut du temps, de la persévérance. Il faut continuer à se développer et à investir. Dans le transport maritime par exemple, si vous n’investissez pas en permanence ou si vous ne développez pas vos parts de marché de manière profitable, vous n’avancez plus et vous êtes distancé ", a expliqué Rodolphe Saadé, indiquant que "85-90 % des bénéfices réalisés par CMA CGM sont réinvestis dans l’entreprise ".
Innover pour s’adapter
C’est donc dans cette optique que le groupe investit désormais massivement dans de nouveaux navires propulsés aux nouvelles énergies. "Depuis 2017, c’est 18 milliards de dollars qui ont été investis dans ce domaine pour réduire nos émissions carbone", a-t-il chiffré. Des bateaux nouvelle génération qui permettent à l’entreprise marseillaise de réduire de l’ordre de 20 % ses émissions. Il faut dire aussi que CMA CGM s’est fixé l’objectif d’être net zéro en 2050. Une ambition qui aurait pu ou pourrait être contrariée par la crise sanitaire ou les tensions géopolitiques.
Mais Rodolphe Saadé de délivrer sa méthode : "Il faut savoir s’adapter. Ce qui se passe en mer Rouge nous oblige à repenser la manière dont nous transportons de la marchandise au départ d’Asie à destination de l’Europe. Nous devons contourner par le Cap de Bonne Espérance, ce qui rallonge le temps de rotation de nos navires de plus de deux semaines aller-retour et nous oblige malheureusement à consommer plus de carburant dans un contexte où le canal de Suez est impraticable. Il nous faudra donc trouver d’autres moyens pour respecter notre engagement net zéro en 2050 ", a-t-il confié.
Se diversifier pour résister
Une adaptation qui passe aussi par la diversification. Depuis 2019, CMA CGM est présent dans la logistique (en amont du transport maritime, 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires aujourd’hui). "Le secteur du transport maritime est très cyclique. Cela peut monter très haut comme descendre très bas, la logistique est beaucoup plus stable ", a fait remarquer Rodolphe Saadé, rappelant que le groupe est désormais aussi présent dans le transport de particuliers avec les ferrys La Méridionale, et dans l’aviation depuis la crise sanitaire avec des avions-cargos. Sans oublier les médias, désormais troisième pilier de CMA CGM, que son président-directeur général entend encore développer, malgré (déjà) les rachats des titres La Provence, Corse Matin, La Tribune (et création de la Tribune du dimanche) et du groupe audiovisuel BFM-RMC en l’espace de seulement deux ans.
Bottant malicieusement en touche à la question de savoir s’il se considérait alors comme un homme de pouvoir, Rodolphe Saadé a prodigué ce conseil aux entrepreneurs présent à l’hippodrome de Longchamp : "Continuez de vous battre, peu importent les difficultés, les challenges, il faut avoir envie. C’est comme cela que l’on arrive à développer son activité et à grandir. Moi, c’est ma passion qui m’anime ". D’ailleurs, CMA CGM œuvre déjà à soutenir la filière du transport maritime, avec le fonds PULSE doté d’1,5 milliard d’euros en equity du groupe et destiné à aider les entrepreneurs à se décarboner.
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