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Argos Wityu / PME / PME non cotées / Louis Godron
Les PME non cotées ont vite retrouvé leurs valorisations d'avant crise
Après avoir franchi des sommets en 2021 avec notamment un pic historique au deuxième trimestre, les PME non cotées européennes retrouvent des niveaux d’avant-crise, avec une valorisation moyenne qui a nettement marqué le pas en fin d’année dernière. Au quatrième trimestre, les PME de la zone euro se sont échangées en effet à 10 fois leur résultat brut d’exploitation en moyenne, relève l’indice de référence Argos Wityu. Selon l’étude, cette dynamique s'explique notamment par le retour sur le marché des transactions portant sur les secteurs traditionnels. Pour autant, de nombreuses opérations continuent de se réaliser sur la base de multiples importants. Les valorisations, soutenues par une forte croissance économique et des taux d’intérêt très bas, se maintiennent à un "niveau historiquement élevé", correspondant à la moyenne des cinq années passées (2017-2021).
"Cela représente un retour à la normale après un peu de chahut "covidesque", et un retour aux niveaux de 2019 et dans la moyenne des deux dernières années", analyse Louis Godron, président d’Argos Wityu, société de capital-investissement. À présent, le marché des fusions et acquisitions d’entreprises non cotées n’est plus seulement concentré sur les secteurs très chers de la santé et de la technologie, comme c’était le cas au plus fort de la pandémie. Les fonds de capital-investissement et les industriels ont recommencé à acheter des sociétés industrielles et de services, aux valorisations moins élevées. "Au quatrième trimestre, les secteurs de l’industrie et des services représentaient plus de 60 % des transactions. Comme avant le Covid", indique l'étude.
D'autres facteurs sont également responsables de cette chute des valorisations. En effet, la baisse au 4e trimestre traduit également les inquiétudes des acteurs économiques sur les conséquences des vagues successives de Covid, de la désorganisation des chaînes de valeur, de l’envolée des prix de l’énergie et des matières premières et des perspectives d’une reprise de l’inflation. Résultat, le nombre d’entreprises partant à une valorisation inférieure à 7 fois leur résultat opérationnel (15 %) a fortement augmenté. Pour autant, un quart (26 %, niveau inégalé) des PME non cotées d’Europe les plus prometteuses se négociait toujours à un prix supérieur à 15 fois leur résultat d’exploitation.
Le marché des fusions et acquisitions des PME non cotées reste très dynamique en ce début d’année. Les fonds d’investissement mondiaux croulent sous les liquidités, qui s’élèvent à plus de 3 180 milliards de dollars. Cela les pousse à investir massivement dans de nouvelles sociétés. "Le marché reste très soutenu avec toujours beaucoup d’opérations en préparation. Mais, il est moins en surchauffe", explique Louis Godron. D’autant que d’autres inquiétudes émergent. "Les incertitudes géopolitiques, notamment le risque de guerre entre la Russie et l’Ukraine, pourraient avoir un impact", estime le président d’Argos Wityu. Les fonds s’alarment notamment des possibles sanctions contre la Russie, qui reviendraient à couper le pays du réseau Swift, rouage essentiel de la finance et du commerce internationaux.
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