WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
sanctions; MNBC; Euro

Régulation / Concurrence / cryptomonnaies / Christine Lagarde / Régulation

Régulation / Concurrence
cryptomonnaies / Christine Lagarde / Régulation

ukraine L'invasion de l'Ukraine accélère l'avènement d'un euro numérique

UKRAINE. Les dernières déclarations de Christine Lagarde laissent penser que l'invasion russe de l'Ukraine pourrait bien accélérer les agendas des Banques centrales concernant les cryptoactifs. Soit pour s'assurer de l'efficacité de sanctions infligées à des pays tiers, soit à l'inverse pour pouvoir s'en affranchir.
Christine Lagarde. Daniel ROLAND / POOL / AFP
Christine Lagarde. Daniel ROLAND / POOL / AFP

Ni plus ni moins qu'une "menace", voilà comment Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a qualifié l'achat de cryptomonnaies en roubles. Cette déclaration effectuée lors du Sommet sur l'innovation de la Banque des règlements internationaux s'inscrit dans la suite logique de sanctions européennes qui se sont élargies aux cryptomonnaies. Néanmoins, aucune monnaie numérique n'est pour l'instant déployée ou contrôlée par la BCE, que ce soit en tant que monnaie numérique de Banque centrale ou bien en tant qu'intermédiaire des échanges quotidiens.

Christine Lagarde se veut cependant rassurante sur le bon avancement du projet d'un euro numérique d'ici à cinq ans. Pour l'instant, Francfort semble bien démuni vis-à-vis de la technologie qui permet de faire des échanges en échappant au cadre bancaire traditionnel. Si la présidente de la BCE considère également les fournisseurs de services liés aux cryptoactifs comme "complices" du contournement des sanctions, cela n'a aucunement empêché, pour le moment, le montant des roubles russes investis dans les cryptomonnaies et les stablecoins d'exploser. De quoi apporter du grain à moudre à des banquiers centraux qui ne manquent pas une occasion de rappeler à quel point l'anonymat derrière ces actifs numériques est dangereux, puisqu'il peut permettre également le financement d'activités terroristes. 

Pour pallier ce défaut Christine Lagarde espère que les futures monnaies de Banques centrales lutteront contre la dangerosité de l'anonymat total. Cependant elle comprend le désir de confidentialité qu'ont de plus en plus les agents économiques et estime qu'il faut le respecter. Christine Lagarde avait qualifié récemment comme étant "d'une importance cruciale" l'application du paquet réglementaire proposé par l'Union européenne concernant les crypto-actifs. Le processus législatif concernant ce dernier est malheureusement pour elle toujours en cours. 

Outre-Atlantique, plusieurs voix demandent notamment qu’il n'y ait pas de précipitation concernant les monnaies numériques de Banque centrale. Christine Lagarde a estimé au contraire qu'il y avait une "urgence" qui provient notamment de la pression des consommateurs, des entités privés tels que Meta avec le Libra ou encore provenant de la concurrence des autres Banques centrales. 

Plus tôt dans la journée, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, avait quant à lui critiqué le Bitcoin, le considérant comme "un actif spéculatif, qui s'apparente un peu aux bulbes de tulipes aux Pays-Bas au XVIIe siècle". C'est une des leçons tirées par Christine Lagarde de la crise Ukrainienne : la confiance des consommateurs dans la monnaie fiduciaire est encore très forte. L'un des principaux enjeux d'un futur euro numérique sera de convaincre le consommateur que cet "euro est un euro". 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article