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Macro-économie / Taux / Japon / Dette américaine

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Japon / Dette américaine

Les investisseurs étrangers se détournent de la dette américaine

Ils ont été vendeurs nets d'obligations émises par les Etats-Unis à hauteur de 134 milliards de dollars au cours du premier trimestre. Plus de la moitié de ce mouvement provient des investisseurs japonais.
Salle de marchés à Tokyo - BEHROUZ MEHRI / AFP
Salle de marchés à Tokyo - BEHROUZ MEHRI / AFP

Le fait que leur rendement ait explosé depuis le début de l’année n’a rien d’étonnant au vu de l’attitude des investisseurs étrangers à leur égard.

Les obligations émises par les États-Unis ont vu leur détention par les investisseurs de par le monde chuter de 134,1 milliards de dollars au cours des trois premiers mois de l’année, d’après les données publiées par le département du Trésor des États-Unis (Treasury International Capital data). Fin mars 2022, les investisseurs étrangers possédaient ainsi pour 7 613,6 milliards de dollars de dette publique américaine, soit environ un tiers de la dette publique négociable totale.

Tandis que les investisseurs français, canadiens, norvégiens ou encore allemands ont accru leur détention de plusieurs dizaines de milliards de dollars (respectivement 22,1 milliards, 19,8 milliards, 18,4 milliards, 10,4 milliards), nombre de pays asiatiques se sont détournés de cette valeur refuge par excellence.

En effet, les investisseurs chinois ont été vendeurs nets à hauteur de 29,1 milliards de dollars alors que les investisseurs singapouriens et coréens l’ont été pour respectivement 2,7 milliards de dollars et 11,9 milliards de dollars.

 

Le Japon, premier boudeur

 

Ce n’est toutefois rien à côté des ventes réalisées par le plus gros créancier étranger de l’Oncle Sam (devant la Chine et le Royaume-Uni) qu’est le Japon. S’il ne représente "que" 17 % de la dette américaine détenue par l’étranger, ses ventes nettes d’obligations d’État ont atteint 71,6 milliards de dollars, soit plus de la moitié du courant de ventes nettes totales.

Ce phénomène trouve, en partie, son origine dans les coûts de couverture de change du dollar. Ces derniers ont fortement grimpé ces derniers mois pour les investisseurs nippons notamment sous l’effet d’un creusement de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Japon, nourri par des perspectives très différentes sur l’inflation et la normalisation de la politique monétaire au sein des deux économies.

C’est ainsi que le coût de couverture du dollar à trois mois a pris 150 points de base entre novembre 2021 et mai 2022 (en termes annualisés, il est passé de 0,3 % à 1,8 %) pour les investisseurs nippons, d’après les analystes de la banque de financement et d’investissement de Société Générale (SG CIB). Les obligations d’État américaines perdent ainsi de leur attrait, leur haut rendement (3 % par an pour les obligations à dix ans) étant érodé par les coûts qu’il est nécessaire de supporter pour se couvrir contre une variation du taux de change yen-dollar.

En vendant pour près de 7 % de leur stock de titres du Trésor en six mois, les investisseurs japonais ont battu leur précédent record qui datait d'avril 2018. À l’époque, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait enclenché depuis quelques mois la seconde phase de sa normalisation monétaire avec la réduction de la taille de son bilan ce qui avait influé fortement à la hausse sur les taux américains. 

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