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Dassault Systèmes / Bernard Charlès
Les moteurs de la croissance de Dassault Systèmes accélèrent
L’optimisme comme remède à la morosité qui entoure le secteur de la Tech. Ce n’est pas parce que les valeurs de croissance sont malmenées sur les marchés dans le contexte de hausse des taux, que cette croissance fait défaut. Pour Dassault Systèmes, les dynamiques à l’œuvre au sein de ses principaux piliers d’activité ont même plutôt tendance à prendre de la vitesse. Tel est en substance le message que le fleuron technologique français spécialisé dans les logiciels de conception 3D a fait passer lors de la journée investisseurs (ou "Capital market day") qu’il tenait en fin de semaine dernière.
"Plus que jamais, le management a affiché sa confiance dans l’avenir malgré la dégradation actuelle de l’environnement macroéconomique, expliquant que les nouvelles problématiques rencontrées par ses clients, en particulier la soutenabilité de leur modèle économique, offrait de nouveaux leviers de croissance", relèvent ainsi les analystes d’Invest Securities. Ces nouveaux leviers se traduisent par des perspectives sensiblement amplifiées.
Un marché potentiel en croissance
Le groupe évalue désormais son marché "adressable" à 45 milliards de dollars, au lieu des 41 milliards de dollars qu’il avait estimés lors de son précédent "Capital market day" en 2020. Une réévaluation qui découle notamment de la montée en puissance de l’éditeur américain Meditata, spécialisé dans les essais cliniques, acquis il y a trois ans. Pascal Daloz, le directeur général adjoint, a tenu à souligner aux investisseurs combien "l'intégration réussie de Meditata" avait "permis de diversifier [nos] secteurs industriels et de créer des opportunités".
Une constante demeure également, le réservoir de croissance de Dassault Systèmes reste supérieur à celui de ses marchés qui sont eux-mêmes bien orientés. C’est le cas à la fois dans l’industrie manufacturière, dans les sciences de la vie et santé, où pour le pôle "infrastructures et villes". En particulier, les perspectives pour les solutions du groupe à destination de l’industrie manufacturière ont été nettement réévaluées. L’entreprise table sur une hausse comprise entre 9 et 10% par an sur la période de 2021 à 2025, au lieu d’une fourchette entre 6 et 8% précédemment, une nouvelle appréciable compte tenu du poids important de ces activités qui concentrent à elles seules 70% du chiffre d’affaires. A côté de cela, les activités dans les sciences de la vie et la santé, qui représentent 20% du chiffre d’affaires, devraient connaître une croissance plus soutenue, estimée entre 13 et 15%, et les activités "Infrastructures et villes", devraient croître entre 12 et 14% par an. Ces dernières "recèlent le plus grand potentiel de gain de parts de marché", note le courtier Stifel, alors que "ce secteur représente environ 10% du chiffre d'affaires de Dassault, mais environ 20% du marché total du groupe", ajoute-t-il.
Croissance externe en pause
Que le discours optimiste de l’entreprise ait été bien perçu n’occulte pas certaines déceptions. Le maintien des prévisions pour 2024 est par exemple modérément apprécié. Le groupe a indiqué être en bonne voie pour atteindre son objectif d’un bénéfice de 1,20 euro par action à cet horizon, à comparer à 1,05 euro par action visé pour 2022. Compte tenu notamment d’un effet change euro-dollar plus favorable, "nous avons été déçus que Dassault Systèmes ne réavance pas cet objectif à 2023", observe ainsi UBS, alors que le groupe avait repoussé d’un an cet objectif lors du "Capital market day" de 2020. Pour Oddo-BHF, en revanche, "il est compréhensible que le management n’ait pas souhaité relever cet objectif maintenant compte tenu du manque de visibilité sur la macroéconomie".
Déception relative également sur le front de la croissance externe. Certains observateurs estimaient que la journée investisseurs auraient pu donner l’occasion de l’annonce d’une nouvelle acquisition d’envergure. "Cela ne s’est pas concrétisé, mais nous pensons qu’il s’agit d’une bonne nouvelle étant donné la détérioration rapide des multiples de valorisation", estime de son côté Deutsche Bank. Grâce à l’accélération des perspectives de croissance organique du groupe avec l’industrie manufacturière, la nécessité d’une acquisition à court terme n’apparaît de toute façon pas si prégnante.
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