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ESG / ESG / Société à mission / la banque postale / Natacha Valla / Emery Jacquillat

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Le statut d’entreprise à mission comme levier de performance économique

La performance sociale et environnementale n’est pas incompatible avec la création de valeur économique, ont expliqué vendredi les intervenants qui s’exprimaient lors des « Dialogues de l’économie citoyenne » sur le sujet des sociétés à mission.
Philippe Heim, président du directoire de La Banque Postale (Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Philippe Heim, président du directoire de La Banque Postale (Photo by Eric PIERMONT / AFP)

Trois ans après que la loi Pacte a introduit la qualité de société à mission, permettant à une entreprise de déclarer sa raison d’être à travers plusieurs objectifs sociaux et environnementaux, d’importants progrès ont été accomplis, même s’il reste beaucoup à faire. "Nous sommes toujours au début du chemin", a déclaré Emery Jacquillat, le président de la Communauté des entreprises à mission, qui s’exprimait lors des "Dialogues de l’économie citoyenne" organisés par La Banque Postale.

Alors que le nombre de 657 entreprises à mission créées depuis 2019 pourrait sembler modeste, la dynamique est forte, le chiffre ayant été multiplié par quatre par rapport à l’année dernière. Formuler une raison d’être prend du temps, la démarche impliquant d’interroger largement les parties prenantes pour définir la mission même de l’entreprise, afin qu’elle soit ambitieuse et ancrée dans son modèle économique, ce qui nécessite "entre un et deux ans", a expliqué Emery Jacquillat. L’évolution du nombre d’adoptions du statut est ainsi jugée satisfaisante. Au lieu de la ralentir, la crise du Covid-19 a au contraire favorisé la démarche, "et ce mouvement va s’accélérer", prédit-il.

Surtout, "à partir du moment où la finance comprend, et où les actionnaires comprennent, que cela va devenir un levier de performance créateur de valeur économique, les choses vont bouger beaucoup plus vite que ce que l’on pense", estime Emery Jacquillat.

 

Croissance et productivité

 

En plus d’être un levier de performance sociale et environnementale, le statut de société à mission peut donc être considéré comme un levier de performance économique. Emery Jacquillat, qui est également président du groupe Camif, en veut pour preuve la croissance de 50% enregistrée par sa société depuis son adoption en 2017 de sa mission de favoriser la consommation responsable. Le groupe s’attache depuis lors à développer des produits écoresponsables et provenant de l’économie circulaire fabriqués en France.

Une économie dans laquelle les entreprises seraient toutes "à mission" ne remettrait ainsi pas forcément en cause le bien-fondé de sa croissance. "L’objectif n’est pas nécessairement de détruire le paradigme de la croissance, il s’agit de réfléchir fort et de travailler sur la définition de la valeur. Et la deuxième question est celle de la productivité", a expliqué Natacha Valla, économiste et doyenne de l’École du management et de l’innovation de Sciences-Po.

Alors que la croissance de la productivité des économies avancées décroît de façon séculaire, l’économiste, qui est également présidente du Conseil national de productivité, estime que "la réflexion sur cette notion de redéfinition de la valeur et cette notion de repenser la fonction de production en y incluant des éléments nouveaux pourrait permettre d’identifier des ressorts capables de redresser la dynamique de la productivité", comme la motivation des collaborateurs par exemple. Et cette motivation est fortement liée au sens que ces collaborateurs vont trouver dans leur propre mission.

 

Clients acteurs de la décarbonation

 

Pour Philippe Heim, le président du directoire de La Banque Postale, et directeur général adjoint du groupe La Poste, cette mission va ainsi constituer le plus important des moteurs pour la mobilisation des collaborateurs auprès des clients afin que ces derniers "soient des acteurs de la transition et faire en sorte que nos clients, in fine, participent à la décarbonation". La Banque Postale est justement devenue en début d’année une entreprise à mission. Une annonce faite à l'occasion de l'assemblée générale extraordinaire tenue le 23 février. Pour La Banque Postale, issue du groupe La Poste, entreprise publique, adopter ce statut était "assez évident", et a marqué "la concrétisation de quelque chose que nous avions déjà l’impression d’incarner et de mettre en œuvre", a rappelé le dirigeant.

Dans le cadre de l’adoption de son statut d’entreprise à mission, La Banque Postale a mis en place une gouvernance spécifique avec un comité de mission, dont Natacha Valla est d’ailleurs la présidente. Si son statut est tout récent, la banque est bien consciente que les efforts en matière de pratique d’entreprise dans les domaines environnementaux, sociétaux ou managériaux s’inscriront dans la durée. "Il n’y a pas de soutenabilité auto-déclarée, il faut se soumettre à un examen exigeant challenge d’un organisme tiers indépendant qui vérifiera si nos actions sont en accord avec notre mission et nos objectifs statutaires", a souligné le président du directoire de la première banque mondiale en matière de RSE selon l’agence de notation extra-financière Vigeo Eiris.

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