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Fusions, Acquisitions
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La Banque Postale-CNP Assurances : le deal qui aura lieu
L’un des derniers obstacles à la création d’un grand champion français de la bancassurance a été levé mardi, lorsque l’AMF a donné son feu vert à la dérogation pour la Banque Postale de lancer une OPA sur CNP Assurances. Le pacte d’actionnaires qui reliait CNP Assurances à la Caisses des Dépôts, l’État, La Poste et BPCE depuis 1998 va donc expirer à la fin de l’année, et un nouveau entrera en vigueur entre la Caisse des Dépôts, La Poste, la Banque Postale et l’État début 2020. À cette date, une majorité de représentants de la Banque Postale feront leur entrée au conseil d’administration de CNP Assurances.
Dans les faits donc, la Banque Postale va pouvoir réaliser l’opération complexe annoncée : l’État et la CDC vont apporter leurs parts dans CNP à La Poste via une augmentation de capital - l’État passant ainsi en minoritaire dans La Poste -, puis ces titres seront transférés à sa filiale bancaire, sans passer par l’obligation usuelle d’OPA.
Deux étapes restent certes à passer : les autorités antitrust de Bruxelles doivent valider ce montage, mais aussi la commission de surveillance de la CDC, qui se prononcera d’ici trois semaines. Mais cette opération, qui valoriserait La Poste à environ 7 milliards d’euros selon les rumeurs, est aujourd’hui en très bonne voie. Et c’est un soulagement pour l’État, qui après le raté du mariage Renault-Fiat Chrysler et les répercussions que cela implique sur son alliance avec Nissan - sur fond d’affaire Carlos Ghosn -, cherche à redorer son blason sur ce dossier.
La constitution d’un grand pôle de réassurance est indispensable pour La Poste, qui subit de plein fouet la digitalisation du secteur et a revu à la baisse de 40 % sa projection de résultat net d’ici 2020. Mais aussi pour CNP Assurances, qui affronte l’internalisation de la distribution des produits d’assurance. Certes, le projet a pu faire grincer quelques dents chez les grands acteurs bancaires, comme en 2006 lors de l’émergence de la Banque Postale. Mais alors qu’à l’époque elles avaient cherché à faire capoter le deal donnant naissance à un concurrent direct, la situation est aujourd’hui différente, dans la mesure où tous ces groupes s’affrontent déjà sur les mêmes produits.
Vingt ans plus tard, l’État devrait donc enfin sortir par le haut d’une situation sous-efficiente, grâce à une conjonction de facteurs favorables comme le timing idéal et surtout les personnes compétentes pour prendre en charge intelligemment ce vaste chantier, en premier lieu le patron de La Poste, Philippe Wahl. Et également encaisser un précieux chèque, au moment où il en a le plus besoin. Un modus operandi qu’il devrait garder en tête pour les prochains dossiers de privatisation en vue.
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